ACTE II, SCENE I
LA PRllTGESSE.
Quel droit ont-ils chacun d'y vouloir^ ma présence; Et que dois-je, après tout, à leur magnificence? Ce sont soins que produit l'ardeur de m'acquérir, Et mon cœur est le prix qu'ils veulent tous courir. Mais, quelque espoir qui flatte un projet de la sorte, Je me tromperai fort , si pas un d'eux Temporte. -
CINTHIE
Jusques à quand ce cœur veut-il s'efFaroucher Des innocens desseins qu'on a de le toucher, Et regarder les soins que pour vous on se donne, Comme autant d'attentats contre votre personne? Je sais qu'en défendant le parti de l'amour, On s'expose chez vous à Êiire mal sa cour ; Mais ce que par le sang j'ai l'honneur de vous atre, S'oppose aux duretés que vous faites paroitre. Et je ne puis nourrir d'un flatteur entretien Vos résolutions de n'jiimer^amais rien, .
Est-il rien de plus beau que l'innocente flamme Qu'un mérite éclatant allume dans une âme?
Et seroit-ce un bonheur de respirer le jour, Si d'entre les mortels on bannissoit l'amour? Non, non , tous les plaisirs se goûtent à le suivre; £t vivre sans aimer , n'est pas proprement vivre.