‹ œuvres de moliere, avec des remarques grammaticales, des avertissemens, et des observatioonsChapitre 290 sur 310 · CÉLIMÈNE , ÉLIANTE , ALCESTE , PHILINTE · texte numérisé non relu

CÉLIMÈNE , ÉLIANTE , ALCESTE , PHILINTE

ALGESTE. à Célimène. ' •

Eh bien! je me suis tu, malgré ce que je voi, Et j'ai laissé parler tout le monde avant moi« Ai-je pris sur moi-même un assez long empire? Et puis-je maintenant...,

GJëLIMÈNE.

Oui, vous pouvez tout dire; Vous en êtes en droit, lorsque vous vous plaindrez, Et de me reprocher tout ce que vous voudrez.

J'ai tort, je le confçsse ; et mon âme confuse Ne cherche à vous payer d'aucune vaine excuse. J'ai des autres ici méprisé le courroux, Mais je tombe d'accord de mon crime envers vous. Votre ressentiment, sans doute, est raisonnable; Je sais combien je dois vous paroitre coupable, Que toute chese dit que j'ai pu vous trahir.

Et qu'enfin vous avez sujet de me haïr.

Faites-le , j'y consens.

Eh ! le puis-je , traîtrcffese?

Puis-je ainsi triompher de toute ma tendresse? Et quoique avec ardeur je veuille vous haïr, Trouvai^je un cœur etf moi tout prêt à m'obéir?

( k Éliante et à Philinle. )

Vous voyez ce que peut une indigne tendresse. Et je vous fais tous deux témoins de ma foiblesse. Mais , à vous dire vrai , ce n*est pas encor tout , Et vous allez me voir la pousser jusqu^au bout. Montrer que c'est à tort que sages on nous nomme, Et que dans tous lès cœurs il est toujours de l'homme.

( à CAimène. )

Oui , je veux bien, perfide, oublier vos forfaits. J'en saurai , dans mon âme, excuser tous les traits. Et me les couvrirai du nom d'une foiblesse, Où le vice du temps porte votre jeunesse ; Pourvu que votre cœur veuille donner les mains Au dessein que j'ai fait de fuir tous les humains, Et que dans mon désert , oh j ai &it vœu de vivre y Vous soyez, sans tarder, résolue à me suivre. C'est par là seulement que^ dans tous les esprits, Vous pouvez réparer le mal de vos écrits , Et qu'après cet éclat qu'un noble cœur abhorre , Il peut m'être permis de vous aimer encore.

Moi , renoncer au monde avant que de vieillie, Et dans votre désert aller m'ensevelir !

ALCESTi:.

Et s'il faut qu'à mes feux votre flamme réponde. Que vous doit importer tout le reste du monde ? Vos désirs avec moi ne sont-ils pas contens?

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