SCÈNE I
^ Est-ce par l'ongle long qu'il porte au petit doigt.
Dans un temps où Fon portoit eu poche un peigne, dont on se servoit jusque dans l'antichambre du roi, il n'est pas étonnant que quelqu'un se soit avisé de laisser croître l'ongle du doigt auriculaire , pour un besoin qui ne peut plus se désigner ^, On ne. voit que cette explication à donner a cet usage singulier , car les grands ( de ce temps-là du moins) n'étoient pas assez instruits pour avoir imité , à cet égard, les grands de l'Inde qui laissent croître leurs
ongles fort longs, comme une preuve qu'ils n'ont pas besoin du travail de leurs mains pour vivre.
Nos acteurs changent ce vers , et disent :
Est-ce par le brillant qu'il porte an petit doigt.
* C'est une chose assez singulière que sous le règne le plus galant et le plus poli , les François aient laissé croître un de leurs ongles aussi long que ceux de la fée Dentue de Fleur d^Épine, Scarron, dans sa nouvelle tragi- comique, PU§tf^* effet que de paroles^ avoit déjà remarqué ce ridicule dans le portrait qu'il fait du prince de Tarente. Voici ce qu'il dit : « Il s'étoit laissé croître l'ongle du « petit doigt de la gauche jusqu'à tfkie grandeur étonnante , ce qu'il « trouToit le plus galant du mpnde. »
DE UEDITEUR. 465
Les six vers qui suivent tombent sur des ridicules emportés par le torrent des modes. Une perruque blonde, de grands canons , mû. amas de rubans ^ ne peignent plus rien 'à nos yeux. No» acteurs les changent aujourd*lmi en passant quatre vers , et en substituai^t le mot de frisure à celui de perruque.