SCÈNE V
' Et l'on a tort ici de nourrir dans vôtre âme
Ce grand attachement aux défauts qu'on y blâme. <
Est-il bien sur qu'il y ait ici une double acception de la particule on , comme le disent les Remarques grammati^ cales ? Et Molière n'a-t-il pas voulu dire que les gens qui nourrissent dans l'âme de Célimène ce grand attachement à ses défauts,. sont les mêmes qui les y blâment ailleurs? Dans ce cas, où seroit l'irrégularité?
* La pâle est aux jasmins en blancheur comparable , etc.
On a cru long-temps que ces vers récités par Éliante étoient une imitation de ceux d'Ovide, dans le second Livre de VArt d'aimer.
Sipœta est, Veneri similis ; siflava, dîinenw, etc.
Mais ils doivent nous être encore plus précieux, puisque Molière les tira de la traduction libre qu'il avoit faite de Lucrèce^ et que c'est le seul morceau qui nous reste de ce premier ouvrage. Cet endroit du poète philosophe se trouve à la nn du iv* Livre , et commence par ces mots : Nigra Melichrus est *y etc. Notre auteur ne pouvoit traduire plus littéralement cet hémistiche de Lucrèce^ Mutapudens est y que par ce vers :
Et la muette garde une honnête pudeur.
* Lucrèce avoit emprunté ce mot de la langue grecoue ; fithinfoç signifie une espèce de perle de couleur de miel.