‹ œuvres de moliere, avec des remarques grammaticales, des avertissemens, et des observatioonsChapitre 55 sur 310 · CINTHIE, MORON · texte numérisé non relu

CINTHIE, MORON

O ciel! que vois-je ici ?

IPHITAS, à Banale.

Oui , l'honneur de votre alliance m'est â'un prix très considérable 9 et je souscris aisément de tous mes suffrages à la demande que vous me faites.

LA PRIKCESSE, à Iphitas.

Seigneur, je me jette à vos pieds pour vous demander une grâce. Vous m'avez toujours témoigné une tendresse extrême, et je crois vous devoir bien plus par les bontés que vous m'avez fait voir, que par le jour que vous m'avez donné. Mais si jamais vous avez eu de l'amitié pour moi, je vous en demande aujourd'hui la plus sensible preuve que vous me puissiez accorder ; c'est de n'écouter point , seigneur, la demande de ce prince, et de ne pas souffrir que la princesse Âglante soit unie avec lui.

IPHITAS.

Et par quelle raison, ma fille, voudrois-tu t'opposer à cette union ?

Par la raison que je hais ce prince, et .que je veux , si je puis, traverser ses desseins.

IPHITAS.

Tu le hais, ma fille?

Oui, et de tout mon cœur, je vous Tavoue.

IPHITAS.

Etque t*a-t-il fait?

Il m'a méprisée.

IPniTAS.

Et comment?

LA PRIN-CESSE

Il ne m'a pas trouvée assez l)ien faîte pour m'adresser ses vœux.

IPHITAS.

Et quelle offense te fait cela ? tu ne veux accepter personne.

LA l^RINCESSK.

N'importe J il me devoit aimer comme les autres, et me laisser au moins la gloire dé le refuser. Sa dé^ claration me fait un affront; et ce m'est une honte sensible , qu'à mes yeux, et^iu milieu de votre cour, il ait recherché une autre que moi.

IPHITAis.

Mais quel intérêt dois-tu prendre à lui ?

J'en prends, seigneur , à me venger de s^n mépris.; et, comme je sais bien qu'il aime Agiante avec beaucoup d'ardeur, je veux empêcher, s'il vous plaît, qu'il ne soit heureux avec elle.

IPHITAS.

Cela te tient donc bien au cœur ?

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