‹ œuvres de moliere, avec des remarques grammaticales, des avertissemens, et des observatioonsChapitre 76 sur 310 · DEUXIÈME ENTRÉE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME ENTRÉE

Huit Maures^ chargés par Alcine de la garde du dedans ^ en font une exacte Tisite , avec chacun deux flambeaux.

Maures, Les sieurs d'Heureux , Beauchamp y Molière , La Marre, Le Chantre, de Gan, du Pron, et Mercier.

TROISIÈME ENTRÉE

Cepsitdaht , un dépit amoureux oblige six des chevaliers qu' Alcine retenoif auprès d'elle , à tenter la sortie de ce palais ; mais la fortune ne secondant pas les efforts qu'ils font dans leur désespoir, ils sont vaincus après un grand combat par autant de monstres qui les attaquent.

Chevaliers. Monsieur de Souville,les sieurs Haynal, Desairs l'ainé , Desairs le second , de Loye , et Balthasard.

Monstres. Les sieurs Chicanneau, Noblet, Amald, Des^ brosses , Desonets , et La Pierre.

QUATRIÈME ENTRÉE

Alciits , alarmée de cet accident , invoque de nouveau tous ses esprits ^ et leur demande secours : il s'en présente deux à elle , qui font des sauts avec une force et une agilité merveilleuses.

Démons agiles. Les sieurs Saint- André et Magny.

TROISIEME JOURNÉE. m

CIIfQUIÈME EWTKÉE.

D'autres démons Tiennent encore , et semblent assurer la magicienne qu'ils n'oublieront rien pour son repos.

Démons sauteurs. Les sieurs Tutin , La Brodièrc , Pesan , et Bureau.

SIXIÈME XT DERNIERS EIfTREE.

Mais à peine commence-t-elle à se rassurer , qu'elle voit paroitre auprès de Roger, et de quelques cbevaliers de sa suite, la sage Mélisse, sous la forme d'Atlas. Elle court aussitôt pour empécber l'effet de son intention ; mais elle arrive trop tard. Mélisse a déjà mis au doigt de ce brave chevalier la fameuse bague qui détruit les enchantepiens. Lors un coup de tonnerre, suivi de plusieurs éclairs, marque la destruction du palais , qui est aussitôt réduit en cendres par un feu d'artifice , qui met fin à cette aventure , et aux divertissemens de l'Ile Enchantée.

Alcine. Mademoiselle du Parc.

Mélisse, Le sieur de Lorge.

Roger, Le sieur Beauchamp.

Chevaliers, Les sieurs d'Heureux, Raynal, du Pron, et Desbrosses.

Ecuyers, Les sieurs La Marre , Le Chantre , de Gan , et Mercier.

Il sembloit que le ciel , la terre et l'eau fussent tout en feu, et que la destruction du superbe palais d' Alcine, comme la liberté des chevaliers qu'elle y retenoit en prison , ne s^ pût accomplir que par des prodiges et des miracles. La hauteur et le nombre des fusées volantes , celles qui rouloient sur le rivage y et celles qui ressortoient de l'eau après s'y être enfoncées , faisoient un spectacle tsi grand et si magnifique, que rien ne pouvoit mieux terminer les enchahtemens

qu*un si beau feu d'artifice ; lequel ayant enfin cessé aprèi tin bruit et une longueur extraordinaires , les coups de boites qui Tayoîent commencé redoublèrent encore^

Alors toute la cour se retirant ^ confessa qu'il ne se pou* voit rien voir de plus achevé que ces trois fêtes; et c'est assez avouer qu'il ne s'y pouvoit rien ajouter y que de dire que les trois journées ayant eu chacune ses partisans y comme chacune ses beautés particulières, on ne convint pas du prix qu'elles dévoient emporter entre elles , bien -qu'on demeurât d'accord qu'elles pouvoient justement le disputer à toutes celles qu'on avoit vues jusqu'alors , et les surpasser peut-étrCé

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QUATRIEME JOURNÉE. 'iiS

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QUATRIEME JOURI^ÉE.

JyiAis, quoique les fêtes comprises dans lé sujet des plaisirs de rile Enchantée fussent terminées , tous les diyertissemens de Versailles ne l'étoient pas ; et la magnificence et la galanterie du roi en avoient encore réservé pour les autres jours, qui n'étoient pas moins agréables»

Le samedi , dixième , Sa Majesté voulut courre les têtes. C'est un exercice que peu de gens ignorent y et dont l'usage est venu d'Allemagne , fort bien inventé pour faire voir l'adresse d'un chevalier, tant à bien mener son cheval dans les passages de guerre y qu'à bien se servir d'une lance , d'un dard et d'une épée. Si quelqu'un ne les a pas vu courre, il en trouvera ici la description , étant moins commune que la bague , et seulement ici depuis peu d'années ; et ceux qui en ont eu le plaisir , ne s'ennuieront pas d'une narration si peu étendue.

Les chevaliers entrent l'un après l'autre dans la lice , la lance à la main, et un dard sous la cuisse droite; et après que l'un d'eux a couru et emporté une tète de gros carton peinte, et de la forme de celle d'un Turc , il donne sa lance à un page ; et, faisant la demi-volte , il revient à toute bride à la seconde tête qui a la couleur et la forme d'un Maure , l'emporte avec le dard qu'il lui jette en passant; puis, reprenant une javeline peu différente de la forme du dard , dans une troisième passade il la darde dans un bouclier où est peinte une tête de Méduse ; et achevant sa demi* volte , il tire l'épée dont il emporte j en passant toujours à toute bride ,' une tête élevée à on demi-pied de terre ; puis , faisant place à un autre, celui qui, en ses courses, en a emporté le plus, gagne le prix.

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ii4 LES FÊTES DE VERSAILLES,

Toute la cour s'étant placée sur une balustrade de fer doré qui régnoit autour de l'agréable maison de Versailles, et qui regarde sur le fossé ^ dans lequel on avoit dressé la lice avec des barrières , le roi s'y rendit , suivi des mêmes chevaliers qui avoient couru la bague ; les ducs de Saint- Aîgnan et de Noailles y continuant leurs premières fonctions y l'un de marécbal de camp , et l'autre dé juge des courses. Il s'en fit plusieurs fort belles et heureuses ; mai^ l'adresse du roi lui fit emporter hautement , ensuite du prix de la course des dames, encore celui que donnoit la reine. C'étoit une rose de diamans de grand prix , que le roi , après l'avoir gagnée , redonna libéralement à courre aux autres chevaliers , et que le marquis de Coaslin disputa contre le marquis de Soyecourt , et gagna.

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