CINQUIEME JOURNÉE
Le dimanche, au lever du roi, quasi toute la conversation tourna sur les belles courses du jour précédent , et donna lieu à un grand défi entre le duc de Saint-Âignan , qui n'avoit point encore couru, et le marquis de Soyecourt , qui fut remis au lendemain , pour ce que le maréchal duc de Grammont, qui parioit pour ce marquis, étoit obligé de partir pour Paris , d'où il ne devoit revenir que le jour d'après.
Le roi i^ena toute la cour cette après-dlnée , à sa ménagerie , dont on admira les beautés particulières , et le nombre presque incroyable d'oiseaux de toutes sortes , parmi lesquels il y en a beaucoup de fort rares. U seroit inutile de parler de la collation qui suivit ce divertissement, puisque, huit jours durant , chaque repas pouvoit passer pour un festin des plus grands qu'on puisse faire.
CINQUIEME JOURNÉE. ti5
Le soir, sa majesté fit représenter , sur Tun de ces théâtres doubles de son salon , que son esprit universel a luimême inventés , la comédie des Fâcheux , faite par le sieur Molière, mêlée d'entrées de ballet, et fort ingénieuse.
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