SCENE VI
PAK€ilÀC£.
Ignorant !
SGANARELL£.
Eh, mon Dieu ! Je....
PAJDrCRAGE.
Me vouloir soutenir une proposition de la sorte! U a tort. Je....
PANCRACE
Une proposition condamnée par Aristote !
SGAITARELLE.
Cela est vrai.. Je....
PANCRACE
En termes exprès.
SGASr ARELLE , se tottnuuit ànûM pér oà Paocrace «st eatré.
Vous avez raison. Oui ^ vous êtes un sot, et un impudent , de vouloir disputer contre un docteur qui sait lire et écrire. Voilà qui est fait. Je vous prie de m'écouter. Je viens vous consulter sur une affaire qui m'embarrasse. J'ai dessein de prendre une femme pour me tenir compagnie dans mon ménage. La per* sonne est belle et bien faite ; elle me plaît beaucoup , et est ravie dç m'épouser. Son père me Ta accordée ; mais je crains un peu ce que vous savez , la disgrâce dont on ne plaint personne ; et je voudrois bien vous prier , comnie philosophe , de me dire votre sentiment. Hé , quel est votre avis làdessus ?
^ ' PANCRACE
Plutôt que d'accorder qu'il faille dire la forme d'un
i44 LE MARIAGE FORCE,
chapeau , j'accorderois que datur vacuum in rerum
naturdf et que je ne suis qu'une bête.
SGANARELLE, àpan.
La peste soit de rhomme ! ( i pancrace. ) Eh ! monsieur le docteur, écoutez un peu les gens. On vous parle une heure durant , et vous ne répondez point à ce qu'on vous dit. « .
PANCRACE
Je vous demande pardon. Une juste colère m'occupe l'esprit.
SGANARELLE
£h I laissez tout cela , et prenez la peine de m'écouter.
PANCRACE
Soit. Que voulez-vous me dire ?
SGA.irARELLF.
Je veux vous parler de quelque chose.
PANCRACE
Et de quelle langue voulez-vous vous servir avec moi?
SGANARELLE
De quelle langue ?
PANCRACE
Oui.
SGANARELLE
Parbleu, de la langue que j'ai dans ma bouche. Je crois tjue je n'irai pas emprunter celle de mon voisin.
PANCRACE
^ Je vous dis^ de quel idiome , de quel langage?.