LIV. XXV, CHAP. II. l
de la chasse ou de la guerre, ne se chargent guère de pratiques religieuses (i).
Les hommes sont extrêmement portes à espërer*et à craindre; et une religion qui n^auroit ni enfer, ni paradis , ne sauroit guère leur plaire. Cela se prouve par la facilite qu^ont eue les religions étrangères à sVtablir au Japon , et le zèle et Pamour avec lesquels on les y a reçues (2).
Pour qu^une religion attache, il faut qu^elle ait une morale pure. Les hommes, fripons en détail, sont en gros de très-honnétes gens; ils aiment la morale ; et si je ne traitois pas un sujet si graye , je dirois que cela se voit admirablement bien sur les théâtres : on est sûr de plaire au peuple par les sentimens que la morale avoue , et on est sûr de le choquer par ceax qu'elle réprouve-
Lorsque le culte extérieur a une grande magnificence, cela nous flatte et nous' donne beau- Ci) Gela se remarque par toute la terre. Voyea , sur les Turcs , les missions du Levant^ le recueil des Voyages qui ont servi h l'établissement de la compagnie des Indes, tome 111, part. I, p. aoi f •or les Maures de Batavia ; et le P. Labat , sur les nègres maho^ métaos , etc.
(a) La religion chrétienne et les religions des Indes : celles-ci ont un enfer et un paradis , au lieu que la religion des Sintos n'en «point.
l6o DE L^ESPRIT DES LOIS.
coup d^attachement pour la religion. Lès ri-chesses des temples et celles du clerg^ë nous affectent beaucoup. Ainsi la inisère même des peuples est un motif qui le^. attache à cette re* ligion qui a servi de prétexte à ceux qui ont causé leur misère.