LIV. XXVI, CHAP. X\II
flétrir le gouvernement populaire , il est au contraire très-propre à en prouver la douceur; et nous aurions senti cela, si, Fexil parmi nous étant toujours une peine , nous avions pu séparer ridée de Tostracisme d^avec celle de la punition. Aristote nous dit (i) qu'il est convenu de tout le monde que cette pratique a quelque chose d'humain et de populaire. Si , dans les temps et dans les lieux où Ton exerçoit ce jugement , on ne le trouvoit point odieux, est-ce à nous, qui voyons les choses de si loin , de penser autrement que les accusateurs , les juges, et Taccusé même?
Et, si Ton fait attention que ce jugement du peuple combloit de gloire celui contre qui il étoit rendu; que, lorsqu'on en eut abusé à Athènes contre un homme sans mérite (2) , on cessa dans ce moment de l'employer (5), on verra bien qu'on en a pris une fausse idée , et que c'étoit une loi admirable que celle qui prévenoit les mauvais effets que pouvoit produire la gloire d'un citoyen, en le comblant d'une nouvelle gloire.
(1) Répnbliqae, Uy. III, chap. xiii.
(a) Hyperbolas. Voyez Plntarqoe , Vie d'Ariftide.
(5) Il ff trouva opposé à Tcsprit da légitlatenr.
22â D£ L'ESPBIT DES LOIS.