‹ Œuvres de Montesquieu (volume 4)Chapitre 148 sur 341 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

Qu'il faut examiner si les lois qui paroissent se contredire sont du même ordre.

A Rome , il fut permis au mari de prêter sa femme à un autre. Plutarque nous le dit formellement (i). On sait que Caton prêta sa femme à Hortensius (2), et Caton n'étoit point homme à violer les lois de son pays.

D^un autre côte , un mari qui soufiroit les débauches de sa fcimme , qui ne la mettoit pas en jugement, ou qui la reprenoit après la condamnation , ëtoit puni (3). Ces lois paroissent se contredire , let ne se contredisent point. La loi qui permettoit à un Romain de prêter sa femme est visiblement une institution lacédémonienne , établie pour donner à la république des enfans d^une bonne espèce , si j'ose me servir de ce terme : Tautre avoit pour objet de conserver les mœurs. La première ëtoit une loi politique , la seconde une loi civile.

(1) Platarque , dans la comparaison de Lycargne et de Nom a. (a) Platarque 4 Vie de Caton. Gela se passa de notre temps, ditStrabon.lÎT. XI.

(3) Leg. 1 1 , S ult. ff. <u/ leg. JuL de aéuU.

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