‹ Œuvres de Montesquieu (volume 4)Chapitre 149 sur 341 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

Qu'il ne faut pas décider par les lois civiles les choses qui doivent Têtre par les lois domestiques.

La loi des Wisîgoths Toulôit que les esclaves fussent obliges de lier rhorame et la femme qu^ils surprenoient en adultère (i) , et de les présenter au mari et au juge ; loi terrible, qui mettoit entre les mains de ces personnes viles le soin de la vengeance publique , domestique et particulière î

Cette loi ne seroit bonne que dans fes sërails d^Orient , où Tesclave qui est chargé de la clôture a prévariqué sitôt qu'on prévarique. Il arrête les criminels , moins pour les faire juger que pour se faire juger lui-même , et obtenir que Ton cherche dans les circonstances de Faction si Ton peut perdre le soupçon de sa négligence.

Mais dans les pays où les femmes ne sont point gardées , il est insensé que la loi civile les soumette , elles qui gouvernent la maison , à Finquisition de leurs esclaves.

Cette inquisition pourroit être , tout au plus

(i) Loi du» Wisigoths , Ut. III , tit. 4, S ^-

2^4 B£ l'esprit des LOIS.

dans de certains cas , une loi particulière domestique , et jamais une loi civile.

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