‹ Œuvres de Montesquieu (volume 4)Chapitre 162 sur 341 · LIVRE XXVIl. !à · texte numérisé non relu

LIVRE XXVIl. !à

QaVtoienldonccescitoycnsquinVtoientpoint dans le cens qui comprenoit tous les citoyens ? Mais, selon Finstitution de Servius Tullîus, rapportëe par Denys d^Halicamasse ( i ) , tout citoyen qui ne se faisoit point inscrire dans le cens ëtoit fait esclave : Cicëron lui-même dit qu^un tel homme perdoit la liberté ( 2 ) : Zonaras dit la même chose. Il £ailloit donc quMl y eût de la di£Férence entre n^étre point dans le cens selon Tespritde la h>i Voconienne , et n^étre point dans le cens selon Tesprit des institutions de Servius TuUius.

Ceux qui ne sVtoient point fait inscrire dans les cinq premières classes , oii Ton étoit place selon la proportion de ses biens (3) , n^ëtoient point dans le cens selon Tesprit de la loi Voconienne : ceux qui nVtoient point inscrits dans le . nombre des six classe^; ou qui n^ëtoient point mis par les censeurs au nombre de ceux que Ton appeloit œrariiy n'ëtoient point dans le cens suivant les institutions de Servius Tullius. Telle étoit la force de la nature, que des pères, pour ëluder la loi Voconienne, consentoient à souffrir la honte d^étre confondus dans la sixième

(i)Liy.IV.

(a) In araiUme pro Ceeinnâ» ' i

(5) Ces cinq' premières clasfe» étoientsi considérables, que qnei* qaefois les aateors n'en rapportent que cinq.

classe aTec les prolétaires et ceux quiétoient taies pour leur tête , ou peut-être même à être ren- Toyés dans les tables des Cérites (i).

Nous ayons dit que la jurisprudence des Romains n^admettoit point les fidëicommis. L^espërance d^ éluder la loi Yoconienne les introduisit : on instituoit un héritier capable de recevoir par la loi, et on le prioit de remettre la succession à une personne que la loi en avoit exclue. Cette nouyelle qfianière de disposer eut des effets bif n différens. Les uns rendirent l'hérédité; et Faction de Sextus Pediiceus fut remarquable (â). Qn lui donna une grande succession ; il n'y avoit personne dans le monde que lui qui sût quHl étoit prié de la remettre : il alla trouver la veuve du testateur, et lui donna tout le bien de son mari.

Les autres gardèrent pour eux la succession ; et l'exemple de P. Sextilius Rufus fut célèlure encore, parce que Cicéron l'emploie d^ns aes disputes contre les Epicuriens (3). « Dans ma X» jeunesse, dit-il, je fus prié par Sextilius 4^ » l'accompagner chez ses amis ^ pour savoir d'eux » s'il devoit remettre l'hérédité de Quintus Fa- )» dius Gallus à Fadia sa fille. Il avoit assemblé

(i) Jn CmrHum tabulas reftrri ; mrariui fierL

(2) GicéroD » de finibus banorum M nuUorum » Ut. II.

(S) Idan^ibid.

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