LIVR£ XXVII
lois Pappiennes, où l'on n'onfit rien de ce qui pouvoit encourager les citoyens à se marier et à avoir des enfans (1). Un des principaux moyens fut d^augmenter, pour ceux qui se prétoient aux vues de la loi , les espérances de succéder , et de les diminuer pour ceux qui s^y refusoient; et, comme la loi Yoconienne avoit rendu les femmes incapables de succéder, la loi Pappienne fit dans de certains cas cesser cette prohibition.
Les femmes (2) , surtout celles qui avoient des enfans , furent rendues capables de recevoir en vertu du testament de leurs maris; elles purent, quand elles avoient des enfans , recevoir en vertu du testament des étrangers ; tout cela contre la disposition de la loi Yoconienne ; et il est remarquable qu^on n^abandonna pas entièrement Tesprit de cette loi. Par exemple, la loi Pappienne (3) permettoit à un homme qui avoit un en£aint de recevoir toute Thérédité par le testament d^un étranger (4) ; elle n^accordoit la même
(1) Voyez ce que j'en ai dit aa livre XXIII , chapitre xxi. (a) Voyez sur ceci les Fragmens d'Ulpien , tit. i5 , S i6«
(3) La même différence se trouve dans plusieurs dispositions de la loi Pappienne. (Voye^ les Fragmens d'Ulpien» $ 4 ^^ ^9 ^it>^ dernier ; et le même , au même titre, $ 6.)
(4) Quod iibi filiotus, vetfiiia, ruueUur ex me, Jura parentU kûbet ; pro^er me scriherU hères,
JinriHAi, satire iz.
â5o DE L^ESPRIT DES LOIS.
grâce à la feII^ne que lorsqu'elle ayoit trois enfaus (i).
Il faut remarquer que la loi Pappienne ne rendit les femmes qui avoieut trois çnfans capables de succéder qu'en verlu du testament des ëtran* gers ; et qu'à Tégard de la succession des parens, elle laissa les anciennes lois et la loi Yoconienne dans toute leur force (2). Mais cela ne subsista pas.
Rome j abîmée par ks richesses de toutes les nations, ayoit changé de mœurs; il ne Ait plus question dVréter le luxe des femmes. Aulu- Gelle (3) , qui yivoit sous Adrien , nous dit que de son temps , la loi Yoconienne étoit presque anç's\ptie ; elle fut couverte par l'opulence de la cité. Aussi trouvons-nous dans les sentences de Paul (4) 9 qui vivoit sous Niger, et dans les firagmens d'Ulpien (5), qui étoit du temps d'Alexandre Sévère , que les sœurs du côté du pjère pouvoient succéder, et qu'il n'y avoit que les parens d'un
(1) Voyet 1» loi iz , code Théodosien , de bonis prcscriptùrum ; et Dion, liv. LV. (Voyez les Fragmens dIJlpien ^ titre dernier , S 6 ; cttit.a9,S3.)
(a) Fragmens d'Ulpien » tit. 16 , $ 1 ; Sozom. , liv. I , chap. xix.
(3) Liv. XX, chap. 1.
(4) Liv. IV, tit. /8, S 3.
(5) Tit. a6, S 6.