‹ Œuvres de Montesquieu (volume 4)Chapitre 197 sur 341 · LIV. XXVÏII, CHAP. XVIII · texte numérisé non relu

LIV. XXVÏII, CHAP. XVIII

et une assurance de sa propriëtë ; et que , dès ce moment, cette pratique dut s'ëtendre. Et cela se fit dans un temps où les empereurs ëtoient grands, et les papes petits, dans un temps où les Othons vinrent rétablir en Italie la dignité de Tempire.

Je ferai une réflexion qui confirmera ce que )^ai dit ci-dessus, que rétablissement des preuves négatives entratnoit après lui la jurisprudence du combat. L'abus dont on se plaignoit devant les Othons étoit qu^un homme à qui on objectoit que sa chartre étoit fausse se défendoit par une preuve négative , en déclarant sur les évangiles qu'elle ne Tétoit pas. Que fit-on pour cor^ riger Tabus d'une loi qui avoit été tronquée ? On rétablit l'usage du combat.

Je me suis pressé de parler de la constitution d'Othon II , afin de donner une idée claire des démêlés de ces temps-là entre le clergé et les laïques. Il 7 aroit eu auparavant une constitution de Lothaire I (1), qui, sur les mêmes plaintes et les mêmes démêlés , voulant assurer la propriété des biens , avoit ordonné que le notaire jureroit que sa chartre n'étoit pas fausse, et

(1) Dans la loi- des Lombards, liv. II , tit. 55 , $ 55. Dans l'exeuiplatre dont s'est ser?! M. Maratori , elle est attribuée k l'emperear Guy.

que, s'il ëtoit mort, on feroit jurer les tëmoins qui Tavoient signëe; mais le mal restoit toujours, il falloit en yenir au remède dont je viens de parler.

Je ti*ouye qu^avant ce temps-là , dans des assemblées générales tenues par Charlemagne , la nation lui représenta que, dans Tétat des choses , il étoit très-<di£Bcile que Taccusateur ou Faccusé ne se parjurassent , et qu'il yaloit mieux rétablir le combat judiciaire (i) ; ce qu'il fit.

L'usage du combat judiciaire s'étendit chez les Bourguignons, et celui du serment y fiit borné. Théodoric, roi d'Italie, abolit le combat singulier chez les Ostrogoths (2) : les lois de Chaindasuinde et de Recessuinde semblent en avoir voulu ôter jusqu'à Tidée. Mais ces lois furent si peu reçues dans la Narbonnaise , que le combat y étoit regardé comme une prérogative des Goths (3).

Les Lombards, qui conquirent l'Italie après la destruction des Ostrogoths par les Grecs , y rap-

(1) Loi des Lombards, liv. II , tit. 55 , $ aS. (s) Voyes Oassiodore , Iît. III , lettres xxiii et xxit. ' (3) Inpalatio quoque Bera, eomes Bareitumemis , eUm impeUrttur à quodam voetUo Sunita , et infUtlltatis argueretur , ciim eodem , tecundàm tegem propriam, utpotè quia uterque Goihut erat , tquetiri ffrœlh congresêus est êi vieluê, (L'auteur tocertain de la vie de Louisle-Débonoaire.)

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