‹ Œuvres de Montesquieu (volume 4)Chapitre 266 sur 341 · LIV. XXIX, CHAP. IX · texte numérisé non relu

LIV. XXIX, CHAP. IX

donnoit toutes ces belles idëes ; elle n'ëtoit qu^une loi fiscale.

Du temps de la république , il n'y avoit point de loi à Rome qui punit ceux qui se tuoient euxmêmes : cette action, chez les historiens , est toujours prise en bonne part, et Ton n'y voit jamais ^e punition contre ceux qui Tout faite.

Du temps des premiers empereurs , les grandes familles de Rome furent sans cesse exterminJ^es par des jugemens. La coutume s'introduisit de prëvenir la condamnation par une mort volontaire. On y trouvoit un grand avantage : on obte* noit l'honneur de la sépulture , et les testamens ëtoient exécutés (1); cela venoit de ce qu'il n'y avoit point de loi civile à Rome contre ceux qui se tuoient eux-mêmes. Mais lorsque les empereurs devinrent aussi avares qu'ils avoient été cruels, ils ne laissèrent plus à ceux dont ils vouloient se défaire le moyen de conserver leurs biens , et ils déclarèrent que ce seroit un crime de s'ôter la vie par les remords d'un autre crime.

Ce que je dis du motif des empereurs est si vrai qu'ils consentirent que les biens de ceux qui se seroient tués eux-mêmes ne fussent pas con-

(1) Earumqui de se MtaiueéoHi, humabantur earpora, manehoHt tetUanêHta^ pretium fôêtmtmdi, Tacit. , Ann. Uy. VI , S S9>

SgS DE L^ESPRIT B£S LOIS.

fisqbés , lorsque le crime pcmrlequel ils s'étoient tués n^assujettissok point à la confiscation (i).

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