‹ Œuvres de Montesquieu (volume 4)Chapitre 28 sur 341 · LIV. XXII, CHAP. XXII · texte numérisé non relu

LIV. XXII, CHAP. XXII

pour ëiuder la loi (i) ; et, commes les allies (2) et ceux de la nation latine n^ëtoient point assujettis aux lois civiles des Roikiains , on se servit d*un Latin , ou d'un allie , qui prétoit son nom , etparoissoit être le créancier. La loi n'avoit donc £iit que soumettre les créanciers à une formalité, et le peuple n^étoit pas soulagé.

Le peuple se plaignit de cette fraude ; et Marcus Sempronius, tribun du peuple , par Tautorité du sénat , fit faire un plébiscite (3) qui portoît qu^en fait de prêts , les lois qui défendoient les prêts à usure entre un citoyen romain et un autre citoyen romain , auroient également lieu entre un citoyen et un allié , au un Latin.

Dans ces temps*là , on appeloit alliés les peuples de ritalie proprement dite, qui s^étejndoit jusqu^à TAmo et le Rubicon , et qui n^étoit point gouvernée en provinces romaines.

Tacite (4) dit qu^on faisoit toujours de nouvelles fraudes aux lois faites pour arrêter les usures. Quand on ne put plus prêter ni emprunter sous le nom d^un allié, il fut aisé de faire paroitre un homme des provinces , qui prêtoit son nom.

(i) Tit«LWe.

(a) Ibld.

(3) L'ao 56i de Rome. (Yoyei Tite-LWe.)

(4) Aonale»,UT. YI, S i^-

58 DE l'£5PRIT des LOI8.

ir&lloit une nouyelle loi contre cet akai;et Gabinius (i) , disant la loi famenie qui ayoit pour objet d'arrêter la corruption dam les suffrages , dut naturellement penser que le meilleur moyen , pour y parvenir , ëtoit de décourager les emprunts : ces deut choses ëtoient naturellement liées ; car les usures augmentoient tou«jours au temps des élections (a) , parce qu^on avoit besoin d'argent pour gagner des voix. On voit bien que la loi Gabinienne avoit étendu le sénatus -consulte SempronieA aux provinciaux , puisque les Salaminiens ne pouvoient emprunter de Targent à Rome , à cause de cette loi. Brutus , sous des noms empruntés , leur en prêta (3) à quatre pour cent par mois (4), et obtint pour cela deux sénatus-consultes, dans le premier desquels il étoit dit que ce prêt ne seroit pas regardé comme une fraude faite à la loi , et que le gouyemeur de Cilicie jugeroit en conformité des conventions portées par le billet de^ Salaminiens (5).

(i) L'an 6i5 de Rome.

(a) Voyes les Lettres de GicéroD k Atticas » Iît. IY, lett. xt et xn.

(3) Gicéron à Atlicus , liv. VI , lettre i.

(4) Pompée , qui avoit prêté an roi Ariobarsaoe six cents tilens , se faisoit payer trente-trois talens attiqaes tous les tfente Joors. Gicértm à Atticus, liv. V , lettre xxi , Ht. VI , lettre i.

(5) Vt neque Sa'aminis , neque eni eiê éediêsei, frmuéi tuei» Gicéron à Atticns^ Iît. VI.

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