‹ Œuvres de Montesquieu (volume 4)Chapitre 296 sur 341 · IV. a · texte numérisé non relu

IV. a

454 i>E l'esprit des lois.

M. le comte de BoulainyiHiers a manqué le point capital de son système ; il n'a point prouve que les Francs aient fait un règlement génëral qui mît les Romains dans une espèce de servitude.

Comme son ouvrage est ëcrit sans aucun arl^ et qu'il y parle avec cette simplicité , cette franchise et cette ingënuitë de l'ancienne noblesse dont il est sorti, tout le monde est capable de juger et des belles choses qu'il dit et des erreurs dans lesquelles il tombe. Ainsi je net l'examinerai point. Je dirai seulement qu'il avoit plus d'esprit que de lumières, plus de lumières que de savoir : mais ce savoir n'étoit point méprisable, paHTce que de notre histoire et de nos lois, il savoit très-bien les grandes choses.

M. le comte de Boulainvilliers et M. l'abbé Dubos ont fait chacun un système, dont l'un semble être une conjuration contre le tiersétat, et Tautre une conjuration contre la noblesse. Lorsque le Soleil donna à Phaéton son char à conduire, il lui dit : « Si vous montez » trop haut , vous brûlerez la demeure céleste ; » si vous descendez trop bas, vous réduirez en » cendres la terre. N'allez point trop à droite, » vous tomberiez dans la constellation du ser- »pent; n'allez point trop à gauche, vous iriez

LÏV. XXX, CHAP. X. 455

» dans celle de Taulel : tenez-yous entre les » deux (1). »

Page 1