‹ Œuvres de Montesquieu (volume 4)Chapitre 297 sur 341 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

ContÎDuatîoo du même sujet

Ce qui a donne Fidëe d^un règlement gênerai fait dans le temps de la conquête, c'est qu^oa a vu en France un prodigieux nombre de servitudes vers le commencement de la troisième race; et, comme on ne s^esl pas aperçu de la progression continuelle qui se fit de ces servitudes , on a imagine dans un temps obscur u&e loi générale qui ne fut jamais.

Dans le commencement de la première race , on voit un nombre infini d^hommes libres , soit parmi les Francs, soit parmi les Romains : mais le nombre des serfs augmenta tellement, qu'au commencement de la troisième tous les labou-

(i) Nec prrnie , nec Bummum molire per »thera carrum. Altiiu egressufl , cœlestia tecta creiuabii ; Inferiiift « terras : medîo totÎMimiu ibis. Nea te dezterior lortum deciinet ad Auguem , Neve aÎDisterior pretsani rota ducat ad Ara m : la ter ntrnmque teoe....

OviD., Metam. , lib. II, c. 5.

reurs et presque tous les habîtans des TÎHes se trouvèrent serfs (i) : et, au lieu que, dans le commencement de la première , il y ayoit dans les villes à peu près la même administration que chez les Romains, des corps de bourgeoisie , un sënat, des cours de judicature, on ne trouve guère vers le commencement de la troisième qu^un seigneur et des serfs.

Lorsque les Francs, les Bourguignons et les Goths, faisoient leurs invasions, ils prenoient Tor, Fargent, les meubles, les vétemens, les hommes, les femmes, les garçons, dont Farmëe pouvoit se charger : le tout se rapportoit en commun, et Tarmëe le partageoit (2). Le corps entier de Thistoire prouve qu^après le premier établissement, c'esi-à-dire après les premiers ravages, ils reçurent à composition les habitans, et leur laissèrent touis leurs droits politiques et civils. Cétoit le droit des gens de ces temps*là; on enlevoit tout dans la guerre , on accordoit tout dans la paix. Si cela n^avoit pas étë ainsi , comment trouverions - nous dans les lois sali-

(1) Pendant que la Gaule étoit sons la domination des Bomains , ils formoient des corps particaliers : c'étbîent ordinairement des affranchis ou descendans d'atfjranchis.

(a) Voyez Grégoire de Tours, Ut. II , chap. zxtii ; Aimoin , Ut. 1^ •ehap. XII.

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