LIV. XXX, CHAP. XI
ques et bourgiiignones tant de dispositions conr tradictoires à la servitude générale des, hommes?
Mais ce que la conquête ne fit pas , le même droit des gens (i), qui subsista après la conquête, le fit. La résistance, la révolte, la prise des villes, emportoient avec elles la servitude des habitans. Et comme, outre les guerres que les différentes nations conquérantes firent entre elles , il y eut cela de particulier chez les Francs « que les divers partages de la monarchie firent naître sans cesse des guerres civiles entre les firères ou neveux, dans lesquelles ce d^oit des gens fut toujours pratiqué, les servitudes devinrent plus générales en France que dans les. autres pays : et c'est, je crois , une des causes de la différence qui est entre nos lois firançaises et celles d'Italie et d'Espagne , sur les droits d^s seigneurs.
La conquête ne fut que l'affaire d'un moment, et le droit des gens que l'on y employa produisit quelques servitudes. L^usage du même droit des gen$9 pendant plusieurs siècles, fit que les servitudes s'étendirent prodigieusement.
Theuderic (2), croyant que les peuples d'Auvergne ne lui étoient pas fidèles, dit aux Francs
(i) Voyez ien Vies des saiats citées ci-après. (a) Grégoire de Toors, lir. III.
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de son partage : « Suivez-moi ; je vous mènerai » dans un pays où vous aurez de Tor, de I^ary^ gent, des captifs, des vétemens, des troupeaux »en abondance; et vous en transférerez tous » les hommes dans votre pays. »
Après la paix qui se fil entre Gontran et Chîlp^^ric (i) , ceux qui assiégeoient Bourges ayant eu ordre de revenir, ils amenèrent tant de butin qu^ils ne laissèrent presque dans le pays ni hommes ni troupeaux.
Th<^odoric, roi d'Italie, dont Tesprit et la politique éloient de se distinguer toujours des au- ' très rois barbares , envoyant son armée dans la Gaule , écrit au général (2) : « Je veux qu^on » suive les lois romaines, et que vous rendiez » les esclaves fugitifs à leurs maîtres : le défen- » seur de la liberté ne doit point favoriser Ta- » bandon de la servitude. Que les autres rois se )» plaisent dans le pillage et la ruine des TÎIIes «qu'ils ont prises; nous voulons vaincre de » manière que nos sujets se plaignent d^avoir » acquis trop tard la sujétion. » Il est clair qu^il vouloit rendre odieux les rois des Francs et des Bourguignons, et qu'il faisoit allusion à leur droit des gens.
(1) Grégoire de Tours ^ tir. VI , rhap. zxxi. (a) Lettre xuii, liv. 111 , dans Cassiodore.