‹ Œuvres de Montesquieu (volume 4)Chapitre 299 sur 341 · LIV. XXX, GHAP. XL l^3g · texte numérisé non relu

LIV. XXX, GHAP. XL l^3g

Ce droit subsista dans la seconde race.L^armëe de Pépin ëtant eptrëe en Aquitaine , revint en France chargée d'un nombre infini de de'pouille& et de serfs, disent les annales de Metz (i).

Je poiirrois citer des autorités sans nombre ( d) . Et comme, dans ces malheurs, les entrailles de la charité s'émurent; comme plusieurs saints évé.ques , voyant les captifs attachés deux à deux, employèrent l'argent des églises, et vendirent même les vases sacrés pour en racheter ce qu'ils purent ; que de saints moines s'y employèrent ; c'est dans les vies 4es saints que l'on trouve les plus grands éclaircissemens sur cette matière (3). Quoiqu'on puisse reprocher aux auteurs de ces vies d'avoir été quelquefois un peu trop crédules sur des choses que Dieu a certainement faiiles si elles ont été dans l'ordre de ses desseins , on ne laisse pas d'en tirer de grandes lumièi^es sur les mœurs et les usages de ces temps-là.

(i) Sur l'aa 763. înnumerabUlhuê spoliis et capiiva Mus ille exer» eitu* ditatuê in Franc'uan reversut ut,

(a) Annales de Fulde , année 739 ; Paul Diacre , de gettis Longobardorum , liv. III , chap. xxx et lir. IV , cbap. 1 ; et les Vies des saints citées note snivante.

(3) Voyez les Vies de saint Kpiphane , de saint Eptadius , de saint Gésaire , de saint Fidole , de saint Porcien » de saint Trévérins, de saint Eosichius, et de saint Léger; les miracles de saint Julien.

/|4o DE L^ESPRIT DES LOIS.

Quand on jell^ les yeux sur les monumens de notre histoire et de nos lois , il semble que tout est mer, et que les rivages mêmes manquent à la mer (i). Tons ces écrits, froids, secs, insipides et durs, il faut les lire, il faut les dévorer, comme la fable dit que Saturne dévoroit les pierres.

Une infinité de terres que les hommes libres faisoiei^t valoir se changèrent en mainmortablés (2). Quand un pays se trouva prive des hommes libres qui Thabitoient, ceux qui avoient beaucoup de serfs prirent oil se firent cëder de grands territoires, et y bâtirent des villages, comme on le voit dans diverses Chartres. D^un autre côt<^, les hommes libres qui cultivoient les arts se trouvèrent être des serfs qui dévoient les exercer. Les servitudes rendoient aux arts et au labourage ce qu'on leur avoit dtë.

Ce fut une chose usitée , que les propriétaires des terres les donnèrent aux églises pour les tenir eux-mêmes à cens, croyant participer par leur servitude à la sainteté des églises.

(1) ... Deerant guoque lUtora ponto.

Otid., Métam., Ut. I.

(a) Les coloDt mêmes n'étoient pas tous serfs : royes les lois xTiit et XXIII , au code de agrieolU ei cetuitis et colonU , et la xx du 1 titre.

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