‹ Œuvres de Montesquieu (volume 4)Chapitre 301 sur 341 · LIV. XXX, CHAP. XII · texte numérisé non relu

LIV. XXX, CHAP. XII

Parthënius , dit Grégoire de Tours ( 1 ) , pensa être mis à mort par les Francs , pour leur avoir impose des tributs. M. Tabbé Dubos , pressé par ce passage, suppose froidement ce qui est en question : cVtoît, dit-il, une surcharge (2).

On voit dans la loi des Wisigoths (3) que quand un barbare occupoit le fonds d^un Romain, le juge Tobligeoit de le vendre , pour que ce fonds continuât à être tributaire. Les barbares ne payoient donc pas de tributs sur les terres (4).

M. Tabbë Dubos (5), qui a voit besoin que les Wisigoths payassent des tributs (6), quitte le sens littéral et spirituel de la loi, et imagine, uniquement parce qu^il imagine, qu^il y avoit eu entre rétablissement des Goths et celte loi

(1) Liv. UI , chap. zxxvi.

(a) Tome III , page 5i4.

(3) /udiees atque prœpositi terras Romanorum , ab iltlt qui oceupatas tenant , auferant ; et Ramanii sud exaction» sine cliqua dilatione rettituaAt , ut nihil fiseo debeat, deperire, LW. X, lit. i , chap. ziv.

(4) Les Vandales n'en payoieDt point en Afrique. (Procope, Guerre des Vandales, liv. I et II; Histaria miseella. Ut. XVf , page 106. ) Remarquez que les cooquérana de l'Afrique étoient un composé de Vandales , d'Alains et de Francs. Historia miseella , liv. XIV, page 94.

(5) établissement des Francs dans les Gaules , tome III , ch. xiv » page 5io.

(6) Il s'appuie sur une autre loi des Wi-^igoths, liv. X, tit. i, arl. 11, qui ne prouve absolument rien : elle dit seulement que

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une augmentalion de tributs qui ne concernoit que les Romains. Mais il n'est permis qu'au P. Hardouin d'exercer ainsi sur les faits un pouvoir arbitraire.

M. l'abbé Dubos ( i ) va tbercber dans le code

^ de Juslinien (2) des lois pour prouver que les be'nëfices militaires , chez les Romains , étoient sujets aux tributs ; d'où il conclut qu'il en ëtoit de même des fiefs ou bénéfices chez les Francs. Mais l'opinion que nos fiefs tirent leur origine de cet établissement des Romains est aujour*d'hui proscrite : «elle n'a eu de crédit que dans les temps où l'on connoissoit l'histoire romaine et très-peu la nôtre, et où nos monumens anciens étoient ensevelis dans la poussière.

M. l'abbé Dubos a tort de citer Cassiodore , et d'employer ce qui se passoit en Italie et dans la partie de la Gaule soumise à Théodoric , pour nous apprendre ce qui étoit en usage chez les Francs : ce sont des choses qu'il ne faut point confondre. Je ferai voir quelque jour, dans un

.ouvrage particulier, que le plan de la monarchie des Ostrogoths étoit entièrement différent

celui qui a reçu d'au seigneur une terre sous condition d'une rcde^ ▼aoce doit la payer.

(1) Tome in» page Six.

(a) Leg. 3, til.74,lib. Xl^

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