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tinien aux enfans et aux petits-enfans de Clovis de tous les droits de Tempire sur les Gaules. J'àurois bien des choses à dire sur cette cession. On peut juger de Timportance que les rois des Francs y mirent, par la manière dont ils en exécutèrent les conditions. D^ailleurs, les rois des Francs ëtoient maîtres des Gaules; ils ëtoient souverains paisibles ; Justinien n'y possëdoit pas un pouce de terre ; Tempire d'Occident ëtoit détruit depuis long-temps, et l'empereur d'Orient n'avoit de droit sur les Gaules que comme représentant l'empereur d'Occident; c'étoient des droits sur des droits. La monarchie des Francs étoit déjà fondée; le règlement de leur établissement étoit ⁢ les drohs récipro-* ques des personnes , et des diverses nations qui yivoient dans la monarchie étoient convenus; les lois de chaque nation étoient données , et même rédigées par écrit. Que faisoit cette cession étrangère à un établissement déjà formé? Que veut dire M« l'abbé Dubos avec les déclamations de tous ces évéques qui , dans le désordre , la confusion , la chute totale de l'état , les ravages de la conquête, cherchent à flatter* le vainqueur? Que Suppose la flatterie , que la foi- Messe de celui qui est obligé de flatter? ^^ue prouvent la rhétorique et la poésie , que l'emploi
même de ces arts ? Qai ne seroit ëtonnë de Toiir Grëgoire de Tours, qui, après ayoir parle des assassinats de Clom, dit que cependant Dieu prostemoit tous les jours ses ennemis, parce qu^il marchoit dans ses voies ? Qui peut douter que le clergé n^ait étë bien aise de la conversion de Clovis, et qu^l n-en ait même tiré de grands avantages ? Mais qui peut douter en même temps que les peuples niaient essuyé tous les malheurs de la conquête , et que le gouvernement romain n^ait cédé au gouvernement germanique ? Les Francs n^ont point voulu, et n^ont pas même pu tout changer; et même peu de vainqueurs ont eu cette manie. Mais, pour que toutes les conséquentes de M. Dubos fussent vraies , il auroit fallu que non-seulement ils n^eussent rien changé chez les Romains , mais encore quMls se fussent changés eux-mêmes.
Je m^engagerois bien , en suivant la méthode de M. Fabbé Dubos , à prouver de même que les Grecs ne conquirent pas la Perse. D^abord je parlerois des traités que quelques-unes de leurs villes firent avec les Perses : je parlerois des Grecs qui furent à la solde des Perses, comme les Francs furent à la solde des Romains. Que si Alexandre entra dans le pays des Perses, assiégea, prit et détruisit la ville de Tyr, c^étoit une affaire parti-
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culière, comme celle de Syagrius. Mais voyez comment le pontife des Juifs vient au-devant de lui ; écoutez Toracle de Jupiter Ammon : ressouvenez-vous comment il avoit ëtë prëdit à Gordium ; voyez conmient toutes les villes courent, pour ainsi dire, au-devant de lui; comment les satrapes et les grands arrivent en foule. Il s*habille à la manière des Perses ; c'est la robe con* sulaire de Glovis. Darius ne lui offrit-il pas la moitié de son royaume ? Darius n'est-il pas assassiné comme un tyran? La mère et la femme de Darius ne pleurent-elles pas la mort d'Alexandre ? Quinte-Curce, Arrien , Plutarque , étoient-ils contemporains d' Al Akndre P L'imprimerie ne nous a-t-elle pas donné des lumières qui manquoient à ces auteurs ( i ) ? Voilà l'histoire de l'ÉtablUsemenî de la monarchie français dans les Gaules.
(i) Voyexle diacoun préliminaire de M. l'abbé Dabof.