‹ Œuvres de Montesquieu (volume 4)Chapitre 45 sur 341 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Du nombre des habitans , par rapport aux arts.

LOBSQU^IL y a une loi agraire, et que les terres sont également partagées , le pays peut être trèspeuplé, quoiqu^il y ait peu d'arts, parce que chaque citoyen trouve dans le travail de sa terre précisément de quoi se nourrir ; et que tous les citoyens ensemble consomment tous les fruits du pays. Cela étoit ainsi dans quelques anciennes républiques.

Mais dans nos états d^aujourd^hui les fonds de terre sont inégaleipent distribués; ils produisent plus de fruits que ceux qui les cultivent n^en peuvent consommer; et, si Ton y néglige les arts , et qu^on ne s's^ttache qu^à Tagriculture , le pays ne peut être peuplé. Ceux qui cultivent ou font cultiver ayant des fruits de reste , rien ne les engage à travailler Tannée d^ensuite : les fruits ne seroient point consommés par les gens oisifs , car les gens oisifs n*auroient pas de quoi les acheter. Il faut donc que les arts s^établissent pour que les fruits soient consommés par les laboureurs et les artisans. £n un mot, ces états

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