LIV. XXIII, OHAP. XXI
» récompenses, elles sont telles que je ne sache » pas que la vertu en^ait encore eu de plus grandes : » il y en a de moindres qui portent mille gens à » exposer leur vie; et celles-ci ne vous engageuroient pas à prendre une femme, et à nourrir i>des enfans!»
Il donna la loi qu^on nomma de son nom Julia , et Pappia Poppaa j du nom des consuls ( 1 ) d'une partie de cette annëe-ià. La grandeur du mal paroissoit dans leur élection même : Dion (a) nous dit qu'ils n'étoient point maries , et qu'ils n'avoient point d'enfans.
Cette loi d'Auguste fut proprement un code de lois etun corps systématique de tous lesrèglemens qu'on pouvoit faire sur ce sujet. On y refondit les lois Juliennes (3), et on leur donna plus de force : elles ont tant de vues, elles influent sur tant de choses, qu'elles forment la plus belle partie des lois civiles des Romains.
On en trouve les morceaux disperses dans les précieux fragmens d'Ulpien (4) i dans les lois du digeste \ tirées des auteurs qui ont écrit sur les
(1) HarcQS Pappias Mntiliu, et Q. Poppœus Sabiniu. Dion, liv. LVI.
(s) Dion, liv. LVI.
(3) Le tilre i4 des Fragmeni d'Ulpien distingue fort bien la loi Jolienne de la Pappienne.
(4) Jacques Godefroi en a fait une compilation.
lois Pappiennes ; dans les historiens et les autres auteurs qui les ont citées; dans le code Thëodosien , qui les a abrogées ; dans les Pères , qui les ont censurées , sans doute avec un zèle louable pour les cboses de Tautre vie , mais avec trèspeu de connoissance des affaires de celle-ci.
Ces lois avoient plusieurs chefs, et Ton en connoît trente-cinq ( i ). Mais allant à mon sujet le plus directement qu^il me sera possible , je commencerai par le chef qu'Aulu-Gelle (2) nous dit être le septième , et qui regarde les honneurs et les récompenses accordés par cette loi.
Les Romains , sortis pour la plupart des yilles latines qui étoient des colonies lacédémoniennés (3) , et qui avoient même tiré de ces villes une partie de leurs lois (4) » eurent , comme les Lacédémoniens , pour la vieillesse, ce respect qui donne tous les honneurs et toutes les préséances. Lorsque la république manqua de citoyens , on accorda au mariage et au nombre des enfans les prérogatives que Ton avoit données à
(1) Le trente-cinquième est cité dans la loi ziz , ff. de ritu nupiiarum.
(s) Lit. Il, chap. ZT.
(3> Denys d'Halicarnaste, li?. VII.
(4) Les dépotés de Rome, qai furent envoyés pour chercher des lois grecques 9 aUèient à Athènes et dans les villes d'iulie.