DES PLAISIRS DE LA SYMETRIE
J'ai dit quel'âraeaime la variété; cependant, dans la plupart des choses, elle aime à Voir une espèce de spnétrie. Il semble que cela renferme quelque contradiction: voici comment j'explique cela.
Une des principales causes des plaisirs de notre âme, lorsqu'elle voit des objets , c'est la facilité qu'elle a à les apercevoir ;et^ la raison qui fait que la symétrie . plaît à l'âme , c'est qu'elle lui épargne de la peine , qu'elle la soulage , et qu'elle coupe pour ainsi dire . Touvrage par la moitié.
SUR LE GOUT. l4l
De là suit une r^gle générale : Partout où la symétrie est utile à Tâme , et peut aider ses fonctions , elle lui est agréable ; mais partout où elle est inutile , elle est fiside , parce qu'elle ôte la yariété. Or les choses que nous voyons successiyement doivent avoir de la variété ; car notre âme n'a aucune difficulté à les voir. Celles au contraire que nous apercevons d'un coup d'œil doivent avoir de la symétrie : ainsi , comme nous apercevons d'un coup d'œil la façade d'un bâtiment , un parterre , un tempie , on y met de la symétrie , qui plaît à l'âme par la ficilité qu'elle lui donne d'embrasser d'abord tout l'objet.
Comme ilfiaiutque l'objet que l'on doit voir d'un coup d'œil soit simple , il fiaiut qu'il soit unique , et que les parties se rapportent toutes à l'objet principal ; c'est pour cela encore qu'on aime la symétrie , elle fait un tout ensemble.
Il est dans la nature qu'un tout soit achevé , et l'âme qui voit ce tout veut qu'il n'y ait point de partie imparfaite. C'est encore pour cela qu'on aime la symétrie; il faut un^«tfhèce de pondération ou debalancement; et un bâtiment avec une aile , ou une aile plus courte qu'une autre , est aussi peu fini qu'un corps avec un bras , ou avec un bras trop court.