A M. DUCLOS
DE l'académie française.
La lettre , monsieur mon illustre confirère , que TOUS m'avez écrite en réponse au sujet de Fabbé de Guasco, est si obligeante (i), que je ne peux m'empêchcr de vous en faire un remercîment. J'ai une grande envie de vous revoir ; mais Helvétius et Saurin vous reverront plus tôt que moi. J'ai pourtant , depuis quelques jours , brisé bien des chaînes qui me retenoient ici. Les soirées de l'hôtel de Brancas reviennent toujours à ma pensée , et ces soupers qui n'en avoient pas le titre , et où nous nous crevions. Dîtes , je vous prie , à madame de Rochefort , et à monsieur et madame de Forcalquier d'avoir quelques bontés pour un homme qui les adore. Vous devriez bien me procurer quelques-unes de cesbadineries charmantes de M. de Forcalquier , que nous voyions quelquefois à Paris , et qui sortoient de son esprit comme un éclair. Je suis devenu bien sage depuis que je ne vous ai vu : je ne fais et ne ferai
(i) Voyez la lettre page4o5, au sujet d'une place à racadémie des inscriptions et belles-lettres que sollicitoît M. Tabbé de Guasco.
absolument rien ; et j^ai pris mon parti de n^avoir plus d'esprit à moi , et de me livrer entièrement à ragtëment de celui des autres. Ne dois-je pas désirer de commencer par M. de Forçai quier? Adieu , mon très-cher confrère ; agréez, je vous prie, mes sentimens pleins d'estime , etc.
De Bordeaux, le i5 lioèt 1748.
AU PRINCE CHARLES EDOUARD (i).
Monseigneur, j^aî d^abord craint qu^on ne ipe trouvât de la vanité dans ,1a liberté que j'ai prise de vous faire part de mou ouvrage : mais à qui présenter les héros romains qu'à celui qui les fait revivre (2) ? J'ai l'honneur d'être avec un respect infini.
(1) Cette lettre s'est trouvée en Italie , entre les mains d'un des correspondans de Montesquieu.
(a) Par les airantages que ce prince avoit rein|K>rté sur l'armée anglaise dans son expédition d'Ecosse.