‹ Œuvres de MontesquieuChapitre 106 sur 129 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

Désordres de l'empire d'Orient.

Dans ces temps -là les Perses étoient dans une situation plus heureuse que les Romains : ilscraignoient peu les peuples du nord % parce qu'une partie du mont Taurus entre la mer Caspienne et le Pont-Euxin les en séparoit, et qu'ils gardoient un passage fort étroit fermé par une porte ^ , qui étoit le seul endroit par où la cavalerie pouvoit passer : partout ailleurs ces Barbares étoient obligés de descendre par des précipices et de quitter leurs chevaux qui faisoient toute leur force ; mais ils étoient encore arrêtés par l'Araxe , ri\ière profonde qui coule de l'ouest à l'est, et dont on défendoit aisément les passages ^.

De plus , les Perses étoient tranquilles du côté de l'orient; au midi, ils étoient bornés par la mer. Il leur étoit facile d'entretenir la division parmi les princes arabes, qui ne son geoient qu'à se piller les uns les autres. Ils n'avoient donc proprement d'ennemis que les Romains. « Nous savons, disoit « un ambassadeur de Hormisdas 'î , que les Romains

' Les Huns.

' Les portes Caspiennes.

^ Procope, Guerre des Perses, liv. i.

^ Ambassades de Ménandre.

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