CHAPITRE XIII
Auguste.
Sextus Pompée tenoit la Sicile et la Sardaigne; il étoit maître de la mer, et il avoit avec lui une infinité de fugitifs et de proscrits qui combattoient pour leurs dernières espérances , Octave lui fit deux guerres très laborieuses; et après bien des mauvais succès il le vainquit par l'habileté d'Agrippa.
Les conjurés avoient presque tous fini malheureusement leur vie ^ ; et il étoit bien naturel que des gens qui étoient à la tête d'un parti abattu tant de fois, dans des guerres où l'on ne se faisoit aucun quartier, eussent péri de mort violente. De là cependant on tira la conséquence d'une vengeance céleste qui punissoit les meurtriers de César et qui proscrivoit leur cause.
Octave gagna les soldats de Lépidus , et le dépouilla de la puissance du triumvirat; il lui envia même la consolation de mener une vie obscure , et le força de se trouver comme homme privé dans les assemblées du peuple. .
• De nos jours presque tous ceux qui jugèrent Charles l" eurent une fin tragique. C'est qu'il n'est guère possible de faire des actions pareilles sans avoir de tous côtés de mortels ennemis , et par conséquent sans courir ime infinité de périls.