SCÈNE VIL VALENS, PAULIN
VAl^EIfS.
L'impérieuse humeur! vois comme elle me brave^ Comme son fier orgueil m'ose traiter d'esclave.
PAUtlN.
Seigneur, j'en suis confus^ mais vous le méritez; Au lieu d'y résister^ vous vous y soumettez.
VALENS
, Ne t'imagine pasi que dans le fond de l'Âme Je préfère à mon fils les fureurs d'une femme : L'un m'est plus cher que l'autre , et par ce triste 2ûrret Ce n'est que de ce fils que je p^nds l'intérêt.
Théodore est Chrétienne , et ce honteux supplice Vient moins de ma rigueur que de mon artifice : Cette haute infamie où je veU!C la plonger Est moins pour la punir que pour la voir changer. Je connois les Chrétiens ; la mort la plus cruelle Affermit ieur constance, et redouble leur zèle ; Et, sans s'épouvanter de tous nos châtiments. Ils trouvent des douceurs au milieu des tourments : Mais la pudeur peut tout sur l'esprit d'une fille Dont la vertu répond à l'illustre famille; Et j'attends aujourd'hui d'un si puissant effort Ce que n'obtiendroient pas les frayeurs de la mort.