ACTE M, SCÈNE VIL
Après ce grand eflfet j'oserai- tout pour elle, En dépit de Flavie , en dépit de Marcelle ; Et je n'ai rien à craindre auprès de l'empereur , Si ce cœur endunci renonce a son erreur :
Lui-même il me loûra d'avoir su l'y réduire; Lui-même il détruira ceux qui m'en voudroient nuire. J'aurai Keu de braver Marcelle et ses amis :
Ma vertu me soutient où son crédit m'a mis; Mais elle me perdroit, quelque rang que je tienne, Si j'osois à ses yeux sauver cette Chrétienne.
Va ]a voir de ma part, et tache à l'étonner : Dis-lui qu'à tout le peuple on va l'abandonner, * Tranche le mot enfin, que je la prostitue :
Et , quand tu la verras troublée et combattue , Donne entrée à Placide , et souffre que son feu Tâche d'en arracher un favorable aveu« Les larmes d'un amant, et l'horreur de sa honte Pourront fléchir ce cœur qu'aucun péril ne domte ; Et lors elle n'a point d'ennemis si puissants Dont elle ne triomphe avec un peu d'encens; Et cette ignominie où je l'ai condanmée Se changera soudain en heureux hyménée.
> Ce vers et le mot proatUue présentent Timage la pliu dégoûtante, la plus odieuse et la plus sale ; cela ne serait pas souffert à la Foire ; Toilà pourtant le nœud de la pièce. On ne sort point d'étonnement que le même homme qui a imaginé le cinquième acte de Rodogunê ait fait un pareil ouvrage.
i8o tHÉODORE.
PAULIN
Votre prudence est rare , et j'en suivrai les lois. Daigne le juste ciel seconder votre choix , Et y par une influence un peu moins rigoureuse , Disposer Théodore à vouloir être heureuse !