‹ Œuvres de P. Corneille (volume 2)Chapitre 99 sur 240 · ACTE II, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VI

MARCELLE

Je ne vous entends point.

YALENS.

Contentee-vous^ madame^ Que je vois pleinement les désirs de votre âme. Que de votre intérêt je veux feire le mien.

Allez , et. $ur ce point ne demandez plus rien. Si je m'expliquois mieux, quoique son ennemie, Vous la garantiriez d'une telle infamie; Et, quelque bon succès qu'il en faille espérer. Votre haute vertu ne pourroit Tendurer.

Agréez ce supplice; et, saris que je le nomme. Sachez qu'assez souvent on le pratique à Rome, Qu'il est craint des Chrétiens, qu'il plaît à reinperêur. Qu'aux filles de sa sorte il fait le plus d'horreur. Et que ce digne ohjet de votre juste haine Voudroit dé mille morts racheter cette peine.

Soit que vous me vouliez éblouir ou venger , Jusqu^à l'événement je n'en veux point juger; * Je vous en laisse faire. Adieu : disposez d'elle; Mais gardez d'oublier qu'enfin je suis Marcelle , Et que si vous trompez un si juste courroux^ Je me saurai bientôt venger d'elle et de vous. *

» Voilà une impertinente créature ; elle menace son mari qui veut la venger : ai elle n'entend point de quoi il s*agit , c'est une grande sotte. ,

lyS THÉODORE.

Page 1