‹ Œuvres de P. Corneille (volume 2)Chapitre 130 sur 240 · SCÈNE IIL CLÉOBULE, DIDYME, PAULIN · texte numérisé non relu

SCÈNE IIL CLÉOBULE, DIDYME, PAULIN

CLÉOBULE

Ce n'est point, cher ami, le cœur troublé d'alarmes Que je t'attends ici pour te donner des larmes; Un astre plus bénin vient d'éclairer tes jours : Il faut vivre, Didyme, il faut vivre.

DIDYME

Et j'y cours.

Pour la cause de Dieu s'oûfrir en sacrifice ,

222 THÉODORE

C'est courir à la vie^ et noft pas au supplice.

CLKOBULl!.

Peut-être dans ta secte est-ce une vision ; Mais l'heur que je t'apporte est sans illusion. Théodore est à toi : ce dernier témoignage Et de tsT passion et de ton grand courage ' Â si bien en amour changé tous ses mépris.

Qu'elle t'attend chez moi pour t'en donner le prix.

DIDYME

Que me sert son amour et sa reconnoissance

Alors (jue leur effet n'est plus en sa puissance?

Et qui t'amène ici par ce frivole attrait

Aux douceurs de ma mort mêler un vain regret ^

Empêcher que ma joie à moù heur ne réponde ,

Et m'arracher encore un regard Vers le monde ?

Ainsi donc Théodore est cruelle à mon sort

Jusqu'à persécuter et ma vie et ma mort ;

Dans sa haine et sa flamme également à craindre ,

Et moi dans l'une et l'autre également à plaindre !

CL£OBt7LE.

Ne te figure point d'impossibilité

Où tu fais, si tu veux, trop de facilité.

Où tu n'as qu'à te faire un moment de contrainte :

Donne à ton Dieu ton cœur, aux nôtres quelque feinte;

Un peu d'encens offert au pied de leurs autels

Peut égaler ton sort au sort des immortels.

DIDYME

Et pour cela vers moi Théodore t'envoie ?

Son esprit adouci me veut par cette voie ?

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