‹ Œuvres de P. Corneille (volume 2)Chapitre 148 sur 240 · ACTE I, SCÈNE L · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE L

En forma tôt le sîége; * et^ pour oomble d'effinoi> Un faux brmi s'y coula ' toiichaiit la mort du roi. Le peuple éponywaté, qm.éé^ dans son âme Ne suivoit qu'à regret les ordres d^une fed^me. Voulut forcer la reine à choisir un époux.

Que pouvoit*<eBe faire et seule et contre tous? Croyant son marî mort, elle épousa son frère. ' L'effet montra soudain ce conseil salutaire. *

Sélencie? Oe aaaA là ie$ ifimie» «K>»tre Vaut y non pis un matnqne de génie. Cet miUi «Les eonrenaBces ne diminiie point le mérite di rinrentioB.

> Tôt ne se dit plus; il est devenu bas.

^ Sy coula n^est pas du style noble.

^ n semble qu'elle épousa son propre, frère : ne denraair-on pM exprimer qu'elle épousa le frère de son mari ? l'auteur ne devait*il pas lever cette petite équivoque avec d'autant plus de soin , .qu'on pouvait épouser son frère en Perse , en Syrie , en Egypte , à Athènes , en Palestine? Ce n'est là qu'une très légère négligence ; mais il faut tonjoars faire voir combien il importe de parler purement sa langue et d'être toujours clair.

^ Montrer une^ chose bonne ou mauvaise , utile ou dangereuse , ne signifie pas montrer que cette chose est telle, prouver qu'elle est telle; il montrait ses blessures mortelles, ne dit pas il montrait que ses blessures étaient mortelles. *

* L'effet montra soudain ce conseU salutaire est une tournure elliptique qui sied très bien à la poésie, et que Baoine a imitée dans ee» vers de Bajaxet :

J*entretÎD8 la sultane , et , cachant mon dessein , Loi noBtraî d'Àmurat le retour inoertaîn.

Corneille sons-entend les deux mots dont la prose ne poarcait se pa>aer : leffet montra soudain que ce conseil étoit salataire. Racine est plein

a68 RODOGITNE.

Le prince Antiochus , devenu nouveau «h , *

Sembla de tous côtés traîner Fheur avec soi : *

La victoire attachée au progrès de ses am^

Sur nos fiers ennemis rejeta n9s alarmes; ^

Et la mort de Tryphon dans un dernier eonabat ,

Changeant tout notre sort , lui rendit tout l'état. ^

Quelque promesse alors qti'U eut faite à la mère

' Ce mot nouveau est de trop ; il gâte le sens et le vers.

* On a déjà remarqué qae Yksur ne se dit plus;, mais on ne traine avec soi ni Vhtur ni le bonheur. .*. traîner donne toujoars l'idée de quelque chose de douloureux ou d'humiliant; on traine sa. misère, sa honte; on traine une vie obscure; les rois vaincus étaient traînés au Capitole. Ei traîné sans honneur autour de nos murailles. Le mot traîner est encore heureusement employé pour signifier une douce violence, et alors il est mis pour entraîner; Charmant ^ Jeune t traînant tous les ratura après soi. '

^ Le mot est impropre : on ne rejette point des alarmes sur un autre comme on rejette une faute, un soupçon , etc. sur un autre ^; les alarmes sont dans les hommes» parmi les hommes, et non sur les hommes. On ne peut trop répéter €[^ la propriété des termes est toujours fondée en raison.

4 Cela ressemble à un gendre du gouverneur de toute la province. On est malheureusement obligé de remarquer des négligences, des obscurités , des fautes presque à chaque vers.

d'ellipses plus hardies. Tout le monde connaît , tout le monde a cité ce vers dUermione dans Jndroma^ue :

r Je t'aimois inconstant , qu'anroisrje fait fidèle ?

Le poète y sons-entend quatre mots qu'il sacrifie à la précision. P.

* On fait retomber ou Ton rejette sur Tennemi l'épouvante qn'il avait d'abord causée. Les alarmes sont ici le synonyme d'épouvante ; et , en prose même , nous ne verrions rien à reprendre dans cette expression de Corneille. P.

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