‹ Œuvres de P. Corneille (volume 2)Chapitre 164 sur 240 · RODOGUNE, LAONICE · texte numérisé non relu

RODOGUNE, LAONICE

RODOGUIfE.

Je ne sais quel malheur aujourd'hui me menace ,

Et coule dans ma joie une secrète glace : *

Je tremble, Laonice, et le voulois parler.

Ou pour chasser ma crainte , ou pour m'en consoler. *

LAONICE

Quoi ! madame, en ce jour pour vous si plein de gloire?

Ce jour m'en promet tant, que j'ai peine à tout croire.

La fortime me traite avec trop de respect; ^

Et le trône et l'hymen, tout me devient suspect.

L'hymen semble à mes yeux cacher quelque supplice.

Le trône sous mes pas creuser un précipice ; ^

Je vois de nouveaux fers après les miens brisés,

* Coule une glace n'est pas du style noble, et la glace ne coule point.

^ Cet en se rapporte à la crainte par la phrase ; il semble qu'elle veuille se consoler de sa crainte, n faut éviter soigneusement ces amphibologies.

^ La fortune he traite point avec respect: toutes ces expressions impropres , hasardées , lâches , négligées , employées seulement pour la rime , doivent être soigneusement bannies.

4 La poésie française marche trop souvent avec le secours des antithèses , et ces antithèses ne sont pas toujours justes : comment un Jiymen cache^'t^H un supplice? comment un trône creuse^t-ii un

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