‹ Œuvres de P. Corneille (volume 2)Chapitre 176 sur 240 · V. ao · texte numérisé non relu

V. ao

3o6 RODOGUNE.

CLÉOPATRX.

Coniioîs-moi tout entière. ' Quand je mis Rodogone en tes mains prisonnière. Ce ne ftit ni pitié , ni respect de son rang , Qui m'arrêta le bras, et conserva son sang. La mort d'Antiochus me laissoit sans armée , Et d'une troupe en hâte à me suivre animée , Beaucoup dans ma vengeance ayant fini leurs jours * M'exposoient à son frère , et foible et sans secours. ' Je me voyois. perdue à moins d un tel otage : Il vint, et sa fureur craignit pour ce cher gage ; Il m'imposa des lois , exigea des serments , Et moi , j'accordai tout pour obtenir du temps. Le temps est un trésor plus grand qu'on ne peut croire : J'en obtins, et je crus obtenir la victoire.

J'ai pu reprendre haleine ; et, sous de faux apprêts.... Mais voici mes deux fils que j'ai mandés exprès. Écoute , et tu verras quel est cet hyménée Où se doit terminer cette illustre journée.

' Connoii-moi toat entière ,

paraît d'une femme qui yeut toujours parler , et non pas d'une reine habile; car, quel intérêt a-t-elle à vouloir se donner pour un monstre à une femme étonnée de ces étranges aveux?

* Phrase obscure , et qui n'est pas française; on ne sait si sa ven- ^ance les a fait périr, ou s'ils sont morts en voulant la venger; et beaucoup d*une troupe n'est pas français.

3 Quel était ce frère? on ne l'a point dit. Voilà, je crois, bien des fautes; et cependant le caractère de Cléopâtre est imposant , et ezcile un très grand intérêt de cariosité : le spectateur est comme la confidente; il apprend de moment en momeoi des choses dont il attend la suite.

. ACTE II, SCÈNE Ut 807

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