‹ Œuvres de P. Corneille (volume 2)Chapitre 178 sur 240 · ACTE 11^ SDÈNE IIL · texte numérisé non relu

ACTE 11^ SDÈNE IIL

Que pour 9'eh depoailier afin de ttoiis pdtilrstiiVre ? Passons; je hérae puis souvenir, dârls trembler', • ^^ Du coup dont j'empêchai' ^'il nous pût accabler: ' Je ne sais s'il est digne ou d'èiorreiir ou d'estime , > S'il plut aux dieux ou non , s'il fut justice ou crime ^ ' Mais, soit crime ou justice, il est certain, mesiilsV Que mon amour pour vous fit tout ce que Je fis : > > Ni celui des grandeurs , ni celui de la vie / Ne jeta dansmon cœur éetie aveugle furie.

J'étois lasse d'un trôné où d'éternels malhfeùrs Me combloient chaque jour de nouvelles douleurs. ' Ma vie est presque usée , et ce reste inutile' Chez mon frère avec vous trôuvoit un sûr* asile : Mais voir, après douze ans et' de soins et dé maux, ' Un père vouis ôter le friiit dé tnes travaux ! ' Mais voir votre couronne après lui destinée Aux enfants qui naîtroient d'un second hyménée ! ; A cette indignité je ne connus plus rien ; '•

Je me crus tout permis pour garder votre bien. * Recevez donc, mes fils, de la main d'une mère. Un trône racheté par le pialheur d'un père. . Je crus qu'il fit lui-même un crime en vous l'ôtant ; Et si j'en ai fait un en vous le rachetant, Daigne du juste ciel la bonté souveraine.

Vous en laissant le fruit , m'en réserver la peine ,

1 n semble, par cette phrase, que Cléopâtre trembla du coup que Yoalait porter Nicanor , et qu'elle Tempt-cha de porter ce coup : elle veut dire le contraire. ...

*. n fiJlak y pour vous garder potw bien.

3io RODOGUNE.

If e lancer que sur moi les foudres métivk ,

Et n'ëpandre sur vous que des prospérités !

AKTIOCHUS.

Jusques ici , madame , aucun ne met en doute * Les longs et grands travaux que notre amour vous coûte ; Et nous croyons tenir des soins de cet amour Ce doux espoir du trône aussi-bien que le jour; * Le récit nous en charme , et nous fait mieux comprendre Quelles grâces tous deux nous vous en devons rendre : Mais^ afin qu'à jamais nous les puissions bénir. Épargnez le dernier à notre souvenir ; Ce sont fatalités dont l'âme embarrassée ^ A plus qu'elle ne veut se voit souvent forcée. ^ Sur les noires couleurs d'un si triste taUeau . Il faut passer l'éponge, ou tirer le rideau : ^

* Ce discours d'Antiochus est d'une bienséance qui loi gagne tous les cœurs.

S'il y a noire amour (toutes les éditions le portent) , c'est an bai^ barisme ; noire amour ne peut jamais signifier Famour que vous arex pour nous : s'il y a voire amour, il peut signifier l'amour de Cléopâtrs pour ses enfans.

* Un doux espoir du trône qu'on tient du soin d'un amour!

^ n faudrait au moins des fàiaiiiée ; mais dea faialiié» dont l'âme est embarrassée .' une femme qui débute sans raison par aTouer à ses enfans qu'elle a tué leur père y doit leur causer plus que de l'em* barras.

4 Souvent e st de trop.

^ On sent assez que cette alternative dH éponge et d^, rideau fait un mauvais efiet : il ne faut employer l'alternative que quand on pro^ pose le choix de deux partis; mais on ne propose point, en parlant à sa reine et à sa mère , le choix de deux e:q>reaBtons. De plus , ces

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