ACTE III, SCÈNE I. SaS
LAONICE
Madame y au nom des dieux ^ veuillez m'en dispenser; C'est assez que pour vous je lui sois infidèle , Sans m'engager encore à dès conseils contre elle. Oronte est avec vous, qui, comme ambassadeur, Devoit de cet hymen honorer là splendeur ; * Comme c'est en ses mains que le roi votre frère A déposé le soin d'une tête si chère.
Je vous laisse avec lui pour en délibérer.
Quoi que vous résolviez, laissez-moi l'ignorer. Au reste, assurez-vous de l'amour des deux princes; Plutôt que de vous perdre ils perdront leurs provinces : Mais je ne réponds pas que ce cœur inhumain Ne veuille à leur refus s'armer d'une autre main. Je vous parle en tremblant; si j'étois ici vue, Votre péril croîtroit, et je serois perdue.
Fuyez , grande princesse , et souflfirez cet adieu.
Va, je reconnottrai ce service en son lieu.
.1 CetOiConte, qui, comme ambassadeur, devait honorer la aplen^ deur d'un hymen , et qui ne dit pas un mot , joue dans cette scène un bien mauvais personnage; mais une confidente qui dit le secret de sa maîtresse, en joue un plus mauvais encore. C'est un moyen trop petit , trop commun dans les comédies.
3a6 RODOGUNE.