‹ Œuvres de P. Corneille (volume 2)Chapitre 188 sur 240 · ORONTE · texte numérisé non relu

ORONTE

Notre fuite, madame, est assez difficile;

J'ai vu des gens de guerre épandus par la ville.

1 Au lieu d une dtuatioii tragique et terrible que la fureur ëe Cleopâtre faisait attendre , on ne Toit ici qu'une scène de politique entre Rodogune et lambassadeur Oronte. Rodogune a deux grande objets, son amour , et la haine de Cléopâtre : ces deux objets ne produisent ici aucun mouvement ; ils sont écartés par des discours de politique. On a déjà observé que le grand art de la tragédie est que le cœur soit toujours frappé des mômes coups , et que des idées étrangères n'affaiblissent pas le sentiment dominant. Cet Oronte , qui ne parait qu'au troisième acte , lui dit qu'il aurait perdu fespril , 8*il lui conseillait la résistance ; et il lui conseille de faire Famour politiquement. Mais d'où sait-il que les deux fils de Cléopâtre aiment Rodogune * ? Les deux frères avaient été jusque-là si discrets y qu'ils s'étaient caché l'un à l'autre leur passion ; comment cet ambassadeur peut-il donc en parler comme d'une chose publique? et si l'ambassadeur s'en est aperçu , comment leur mère l'a-t-elle ignorée?

* Il vient de l'apprendre de Laonice à l'instant même. C'est en sa présence que Laonice vient de dire à Rodogune :

Aa reste , assurez-vons de l'amoar des deux princes ;

Plutôt qae de vous perdre , ils perdront leurs proyinces. P.

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