ACTE III, SCÈNE II
Si Ton veut votre perte, on vous fait observer; Ou, s'il vous est permis ^icor de vous sauver, L'avis de Laonice est sans doute une adresse ; ' Feignant de vous servir elle sert sa maîtresse. La reine , qui surtout craint de vous voir régner , Vous donne ces terreurs pour vous faire éloigner; Et pour rompre un hymen cpi'avec peine elle endure. Elle en veut à vous-*méme imputer la rupture. Elle obtiendra par vous le but de ses souhaits. Et vous accusera de violer la paix; Et le roi , plus piijué contre vous que contre elle , Vous voyant lui porter une guerre nouvelle.
Blâmera vos frayeurs, et nos légèretés.
D'avoir osé douter de la foi des traités ; Et peut-être, pressé des guerres d'Arménie , Vous laissera moquée, et la reine impunie.
A ces honteux moyens gardez de recourir.
C'est ici qu'il vous faut ou régner ou périré Le ciel pour vous ailleurs n'a point fait de couronne; Et l'on s'en rend indigne alors qu'on l'abandonne.
Ah I que de vos conseils j'aimerois la vigueur. Si nous avions la force égale à ce grand cœur ! Mais pourrons-nous braver une reine en colère
' Pourquoi cet inutile Oronte, qai croit parler ici en ambassadeur fort adroit, sonpçonne-t-il que Vavis est faux , et que c'est un piège que Cléopâtre tend ici à Rodogune? ne connaît-il pas les crimes de Cléopâtre ? ne la doit>-il pas croire capable de tout ? ne doit-il pas balancer les raisons ? Il )ooe ici le rôle de ce qu'on appelle un gros fin « et riea n'est ni moins tragique ni plus mal imaginé.
Avec ce peu de gens qae m'a laissés mon frère?