‹ Œuvres de P. Corneille (volume 2)Chapitre 190 sur 240 · ORONTE · texte numérisé non relu

ORONTE

J'aurois perdu Tesprit si j'osois me vanter Qu'avec ce peu de gens nous puissions résister. Nous mourrons à vos pieds ^ c'est toute l'assistance Que vous peut en ces lieux oflrir notre impuissance : Mais pouvez-vous trembler quand dans ces mêmes lieux Vous portez le grand maître et des rois et des dieux? * L'amour fera lui seul tout ce qu'il vous faut faire. Faites-vous un rempart des fils contre la mère ; Ménagez bien leurflamme, ils voudront tout pour vous; Et ces astres naissants sont adorés de tous.

Quoi que puisse en ces lieux une reine cruelle , Pouvant tout sur ses fils , vous y pouvez plus qu'elle. Cependant trouvez bon qu'en ces extrémités Je tâche à rassembler nos Parlhes écartés ; Ils sont peu , mais vaillants , et peuvent de sa rage Empêcher la surprise et le premier outrage.

Craignez in oins: et surtout, inadame, en ce grand jour, Si vous voulez régner, faites régner l'amour.

* Comment une femme porte-t-elle ce grand maître ? L'amour maUre des dieux est une expression de madrigal indigne d'un ambassadeur.

Remarquons encore qu'on n'aime point à Toir un ambassadeur jouer un rôle si peu considérable.

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