‹ Œuvres de P. Corneille (volume 2)Chapitre 195 sur 240 · ACTE III, SCÊÎfE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÊÎfE IV

Qui l'ose réveiller peut s'en laisser surpreiadre ; ' Et je mëriterois qu'il me pût consumer, Si je lui foumissois'de quoi se rallumer.

séleucus.

Pouvez-vous redouter sa haine renaissante, S'il est en votre main de la rendre impuissaute ? Faites un roi, madame^ et régnez avec lui; Son courroux désarmé demeure sans appui.

Et toutes ses fureurs sans effet rallumées Ne pousseront en l'air que de vaines fumées, * Mais a-t-elle intérêt au choix- que vous ferez Pour en craindre les maux, que vous vous figurez? ^ La couronne est à nous ; et , sans lui faire injure , Sans manquer de respect aux droits de la nature^i Chacun de nous à l'autre en peut céder sa part, . . .. ^ . Et rendre à votre choix ce qu'il doit au hasard. *

» Se laisser surprendre d'un feu qu'on réveille , ne parait pas juste ; on n'est point surpris d'un feu qu'on attise , mais on peut en être atteint.

« J}e vaines fumées poussées en l'air par des fureurs, ne font pas , comme je l'ai remarqué ailleurs , une belle image ; et Corneille emploie trop souvent ces fumées poussées en l'air.

3 II parait naturel que Cléopâtre ait intérêt à ce choix, puisque * Rodogune peut choisir le cadet , et que Cléopâtre doit choisir l'aîné :

de plus , la phrase est trop louche ; a-t-elle intérêt pour en craindre ?

4 Chacun de nous peut céder sa part de son espérance , et rendre I au choix de Rodogune ce qu'il doit au hasard: Quel langage \ quel

' tour ! il faudrait au moins , ce ^u'il devrait au hasard ; car les deut I frères n'ont encore rien.

Y. aa

Qu'un si foîble scrupule en notre- fayeur < Votre inclination yaut bien un droir d'aînesse , Dont yous seriez traitée ayec trop dé rigueur^ ' S'il se trouyoit contraire aux yœux de votre cœur. On yous applaudiroit, quand yous seriez à plaindre ; * Pour yous faire régner ce seroit yous contraindre^ Vous donner là couronne en yous tyrannisant.

Et yerser du poison sur ce noble présent.

Au nom de ce beau feu qui tons deux nous consume , Princesse, à notre espoir ôtêz celte amertume; ^ Et permettez que l'heur qui suiyra votre époux ^ Se puisse redoubler à le tenir de vous. ^

* KODOCUN£.

Ce beau feu vous aveugle autant comme il vous brûle; Et, tachant d'avancer, son effort vous recule. ^ Vous croyez que ce choix que fuu et l'autre attend Pourra faire uu heureux sans feire un mécontent ;

> Un droit (faineêse dortl on est ttaité avec riguear; cela n'est pas français y ei le vers n'esl pas bien louméw

» jipplaudiraU n'est pas le mot propre; c*est on vous féîicilerail.

•' Qu'est-ce qu'ôler Tamertume à un espoir ?

4 Un heur qui suit un époux, et ^^ redouble à le tenir! tout cela est impropre , et n'est ni bien construit , ni français ; ce sont autant de barbarismes.

^ C'est encore un barbarisme : un heur qui redouble à le tenir! il semble que ce soit cet lieur qui tienne.

6 Cela n'est ni français , ni noble , ni exact. Aveugler et recukr sont des figures qui ne peuvent aller ensemble : toute métapbore doit finir comme elle a commencé. "Qu'est-ce que l'effort d'un feu qui recule deux princes tâchant d'avancer?

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