‹ Œuvres de P. Corneille (volume 2)Chapitre 196 sur 240 · ACTE III, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IV

Et moi , quelque vertu que votre cœur préparé; ' Je crains d'en faire deux si le mien se déclare : * Non que de l'un et l'autre ii dédaigne les vœux; Je tiendrais à bonheur d'être à Pun de vous deux : ^ Mais souffres que je suive enfin ce qu'on m'ordonne : Je me mettrai trop hatit s'il Éiut que je me donne ; . Quoique aisément je oèd^ ^«T ordres de nïôii roi, ' Il n'est pasl>ien aisé dem'obteaîr de moi.

Savez^vous quels devoirs, quels travaux , quels serviïies. Voudront de mon orgueil exiger les caprices ; * ' / ^' Par quels degrés de gloire on me peut mériter ) * "' En quels affreux périls il ^udrer vous jeter ? " * ' Ce cœur vous est acquis après te diadème , Princes j mais gardez-vous de le rendre à lui*mémc. ^

' Et moi 1 quelque vertu que votre cœur prépare

ne parait pas bien dit ; on ne prépare pas une vertu comme on prépare une réponse , un dessein , une action , un discours , etc

> Elle craint d'en faire deux. On ne sait , par la construction , si c'est deux heureux ou deux mécontens ; fe mien veut dire mon cœur: toute cette tirade esl un peu embrouillée.'

5 Tenir à bonheur est une façon de parler de ce temps-/<T / mais la belle poésie ne Va jamais admise.

4 n est bien étrange qu'elle se serve de ce mot , et qu'elle appelle caprice l'abooiinsble pfoposition qu'ielle va faire.

* Elle appelle un parricide degré de gloire ; si elle parle sérieusement , elle dit uiie cliosfe aussi affreuse que fausse ; si c^est une ironie , c'est joindre le comique à rhorreur.

6 Ces idées et ces expressions ne sont pM nettes* Cceurocquié après le diadème / elle veut dire , Je dois mon cœur à celui gui étant roi sera mon époux» Jfvndre à lui-même , vent dire , gardez-vous défaire dépendre la couronne du service g ire je vais exiger de vdus.

34o rodogune:

Vous y renoncerez peut-être pour jamais Quand je vous aurai dit à quel prix je le mets.

SÉL£UCUS.

Quels seront les devoirs ^ quels travaux, quels services , Dont nous ne vous fassions d'amoureux sacrifices? ^ Et queb afireux périls pourrons^nous redouter, Si c'est par ces degrés qu'on peut vous mériter? *

ANTiocaus.

Princesse , ouvrez ce cœur, et jugez mieux du nôtre; Jugez mieux: du beau feu qui brûle l'un et l'autre ; Et dites hautement à quel prix votre choix Veut faire l'un de nous le plus heureux des rois.

RODDGUNE.

Princes , le voulez-vous ?

ANTIOCHUS

Cest notre unique envie.

Je verrai cette ardeur d'un repentir suivie.

SELEUCUS

Avant ce repentir tous deux nous périrons.

Enfin vous le voulez ?

SELE17CTJS..

Npus vous en conjurons.

* On peut faire un sacrifice de son devoir , de ses sentimens , de sa vie, et non de ses travaux et de ses services; mais. cW par des services et des travaux qu'on fait des sacrifices ; et quelle expression que des sacrifices amouréuit / '

^ Des périls ne sont point des degrés; on ne mérite point par des degrés : «out cela est écrit barbarement.

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