ANTIOCHUS, SÉLEUCUS
ANTIOCHUS
Helas ! c'est donc ainsi qu'on traite Les plus profonds respects d'une amour si parfaite ! *
SÉLEUCUS
Elle nous fuit, mon frère, après cette rigueur.
ANTIOCHUS
Elle fait, mais en Parthe, en nous perçant le cœur, *
SÉLEUCUS
Que le ciel est injuste ! Une âme si cruelle Méritoit notre mère , et devoit nlattre d'elle.
ANTIOCHUS
Plaignons-nous sans blasphème.^
moins, Cléopâtre voua a demandé ma tête; ma sûreté me force à vous demander la sienne.
' Est-ce ici le temps de se plaindre qu'on a mal reçu ces profonds respects de Famoar, quand il s'agit d'un parricide?
^ Ce vers a toujours été regardé comme un jeu d'esprit qui diminue rhofreur de la situation. On dit que les Parthes lançaient des flèches en fuyant ; mais ce n'est pas parce que Bodogune sort qu'elle afflige ces princes , c'est parce qu'elle leur a fait auparavant une proposition affreuse , qui n'a rien de commun avec la manière dont les Parthes combattaient.
^ Ne croirait-on pas entendre un héros de roman qui traite sa maitresse de divinité?
SELEUCUS
Âh ! que VOUS me gênez Par celte çetQjtiue où ,vous vous obsdnez !
Faut-il encor. régner ? faut*-il l'aimer encore?
ANTIOÇHUS.
Il faut plus de respect pour celle qu'on adore. *
C'est ou d'elle ou du trône être, ardemment épris. Que vouloir ou l'aimer ou régner à ce prix, *
C'est et d'elle et de lui tenir bien peu de compte , ^ Que faire une révolte et si pleine et si prompte, ^
séleucus.
Lorsque l'obéissance a tant d'impiété , La révolte devient une nécessité.
* Feat--on employer ces idées et ces expressions de roman dans un moment si terrible ? il n'^ a rien de si plat et de si mauvais que ce vers*.
A On ne sait , par la. construction , si c'est au prix du sang de sa mère.
^ Lui se rapporte au trône ; mais on ne se sert point de ce pronom pour les choses inanimées. Ces vers jettent de l'obscurité dans le dialogue : tenir bien peu de compte d'un trône , termes d'une prose ram^ pante.
4 Faire une révolte contre une femme qui a imaginé quelque chose de si noir! cette expression ne serait pas pardonnée à Céladon ;/a//« une révolte n'est pas français.
'^ Le vers n^est pas tragique ; il convient mal à la situation : inait Vol' taire ne devait-il pas s'exprimer moins durement? la bienséance n'est-elle pas blessée ? Kou» ne nous permettrions pas , en parlant d*nn mauvais ▼ers de Voltaire , d'écrire qu il n'y a rien de si plat. P.