‹ Œuvres de P. Corneille (volume 2)Chapitre 2 sur 240 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

DORANTE, CLITON

Dorante paroitt éctiysLUt dsLUê une prison , et le geôlier ouvrant la potte^ à Clrton ; et le lui montrant.

Ah ! monsieur, c'est donc vous?

DORANTE

Clkon, je terevoi!

1 Des les premiers ver», un grand intérêt eommence; Dorante est en prison , après aroir dispara le jour de ses noces : il est vrai qu'il n'a eu aucune raispn de s'enfuir quand il allait se marier , que

i6 LA SUITE DU MENTEUR.

CLITON

Je vous trouve , monsieur , dans la maison du roi !^ Quel charme , quel désordre , ou quelle raillerie Des prisons de Lyon fait votre hôtellerie ?

DOl^ANTE.

Tu le sauras tantôt. Mais qui t'amène ici ?

CLITON

Les soins de vous chercher.

DORANTE

Tu prends trop de souci ; Et bien qu'après deux ans ton devoir s'en avise , Ta rencontre me plaît ^ j'en.aime la surprise; Ce devoir , quoique tard , enfin s'est éveillé.

CLITON

Et qui savoit , monsieur , où vous étiez allé ?

Vous ne nous témoigniez qu'ardeur et qu'allégresse.

Qu'impatients désirs de posséder Lucrèce ;

L'argent étoit touché, les accords publiés.

Le festin commandé, les parents conviés,

Les violons choisis , ainsi que la journée :

Rien ne sembloit plus sur qu'un si proche hyménée ;

Et parmi ces apprêts , la nuit d'auparavant

Vous sûtes faire gille , et fendîtes le vent.

Comme il ne fut jamais d'éclipsé plus obscure >

c'est un caprice impardonnable , que ce caprice même le rend un peu méprisable; maû il est en prison ; sa maltresse a épousé son père ; ce père est mort : tout cela excite beaucoup de curiosité. C'est une chose à laquelle il ne faut jamais manquer dans les .expositions : toute première scène qui ne donne pas en-vie de voir les autres ne vaut rien.

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