SCÈNE PREMIÈRE
DORANTE, CLITON
Dorante paroitt éctiysLUt dsLUê une prison , et le geôlier ouvrant la potte^ à Clrton ; et le lui montrant.
Ah ! monsieur, c'est donc vous?
DORANTE
Clkon, je terevoi!
1 Des les premiers ver», un grand intérêt eommence; Dorante est en prison , après aroir dispara le jour de ses noces : il est vrai qu'il n'a eu aucune raispn de s'enfuir quand il allait se marier , que
i6 LA SUITE DU MENTEUR.
CLITON
Je vous trouve , monsieur , dans la maison du roi !^ Quel charme , quel désordre , ou quelle raillerie Des prisons de Lyon fait votre hôtellerie ?
DOl^ANTE.
Tu le sauras tantôt. Mais qui t'amène ici ?
CLITON
Les soins de vous chercher.
DORANTE
Tu prends trop de souci ; Et bien qu'après deux ans ton devoir s'en avise , Ta rencontre me plaît ^ j'en.aime la surprise; Ce devoir , quoique tard , enfin s'est éveillé.
CLITON
Et qui savoit , monsieur , où vous étiez allé ?
Vous ne nous témoigniez qu'ardeur et qu'allégresse.
Qu'impatients désirs de posséder Lucrèce ;
L'argent étoit touché, les accords publiés.
Le festin commandé, les parents conviés,
Les violons choisis , ainsi que la journée :
Rien ne sembloit plus sur qu'un si proche hyménée ;
Et parmi ces apprêts , la nuit d'auparavant
Vous sûtes faire gille , et fendîtes le vent.
Comme il ne fut jamais d'éclipsé plus obscure >
c'est un caprice impardonnable , que ce caprice même le rend un peu méprisable; maû il est en prison ; sa maltresse a épousé son père ; ce père est mort : tout cela excite beaucoup de curiosité. C'est une chose à laquelle il ne faut jamais manquer dans les .expositions : toute première scène qui ne donne pas en-vie de voir les autres ne vaut rien.