ACTE III, SCÈNE V
ANTIOCHUS
Comme j'aime beaucoup , j'espère encore un peu. * L'espoir ne peut s'éteindre où brûle tant de feu ; • Et son reste confiA'me rend quelques lumières ^ Pour juger mieux que vous de ces âmes si fières. * Croyez-moi , l'une et Fautre a redouté nos pleurs : Leur fuite à nos soupirs a dérobé leurs cœurs ; Et, si tantôt leur haine eût attendu nos larmes. Leur haine à nos douleurs auroit rendu les armes.
SÉLEUCUS
Pleurez donc à leurs yeux , gémissez , soupirez , Et je craindrai pour vous ce, que vous espérez. Quoi qu'en votre faveur vos pleurs obtiennent d'elles , Il vous faudra parer leurs haines mutuelles , ^ Sauver l'une de l'autre j et peut-être leurs coups , Vous trouvant au milieu , nç perceront que vous : C'est ce qu'il fai^t pleurer. Ni maîtresse ni mère
» Beaucoup et un peu ; cette antithèse n'est pas digne du tragique.
• Un feu où brâfle Tespoir .' *
» Ce reste confus du fea de l'atoour peut-îl donner des lumières, parce qu'on se sert du mot j^ti pour exprimer Tamour ? n'est-ce pas abaser des termes? Est*-ce aindi qAe la nature parle?
4 n semble que Tauteur ait été si embarrassé de cette situation forcée , qu'il ait vdùlu exprès se. rendre inintelligible : unç fuite qui dérobe des cœurs à des soupirs ! une haine qui attend des larmes et qui rend les armes ! .
5 On ne pare point une haine' comme on pare un coup d'épée.
» Corneille ne dit point un feu oi brûie V espoir. Nous ne prétendons pas justifier son vers ; mais il ne faut pas lai faire dire ce qu'il n*a pas dit. P.
byGooQÏe
35o RODOGUNE.
N'ont plus de choix ici ni de lois à nous faire ; " Quoi que leur rage exige ou de vous ou de mcâ^ . Rodogune est à vous , puisque je vous fais roi. * Épargnez vos soupirs près de, Tnae «t de l'autre* J'ai trouvé mon bonheur^ saisîssez^vpus du vôtre : Je n'en suis point jalou:!ip ; et ma triste amitié Ne le verra jamais que d'un oeil de pitié*