ACTE IV, SCÈNE I. 36i
Puisque m'eu affranchir c'est vous perdre à jamais. Prince, en votre faveur je ne puis davantage : L'orgueil de ma naissance enfle encor mon courage; Et, quelque grand pouvoir que l'amour ait^sur moi. Je n'oublirai jamais que je me dois un roi.
Oui, malgré mon amour, j'attendrai d'une mère Que le trône me donne ou vous ou votre frère. Attendant son secret vous aurez mes désirs; Et, s'il le fait régner, vous aurez mes soupirs : * C'est tout ce qu'à mes feux ma gloire peut permettre^ Et tout ce qu'à vos feux les miens osent promettre.
ANTIOCHUS
Que voudrois-je de plus? Son bonheur est le mien; Rendez heureux ce frère, et je i^e perdrai ri^a. L'amitié le consent, si l'amour l'appréhende : Je bénirai le ciel d'une perte si grande; Et, quittant les douceurs de cet espoir flottant. Je mourrai de douleur, mais je mourrai content. *
RODOCUNE.
Et moi , si mon destin entre ses mains me Èvre, Pour un autre que vous s'il m'ordonne de vivre , Mon amour.... Mais adieu; mon esprit se confond. ^ Prince , si votre flamme à la mienne répond ,
1 Elle voulait tout à l'heure tuer Cléopâtre, et à présent elle lui est soumise. Et qu'est-ce qu'un secret qmfati régner ?
* Il est assurément impossible de mourir affligé et content.
3 Voilà encore Rodognne qui se recueille pour dire qu'elle est troublée, qui fait une pause pour dire qu'elle se confond. Toujours cette grossière finesse , toujours cet art qui manque d'art.
Si vous n'êtes ingrat à ce cceur qui vôtis aime ^ ^
Ne me revoyez point qu'avec le diadème. *