‹ Œuvres de P. Corneille (volume 2)Chapitre 210 sur 240 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

ANTIOCHUS

Les plus doux de mes vœux enfin sont exaucés. Tu viens de vaincre , amour ; mais ce n'est pas assez : Si tu veux triompher en cette conjoncture.

Après avoir vaincu, fais vaincre la nature ; Et prête-lui pour nous ces tendres sentiments Que ton ardeur inspire aux cœurs des vrais amants^ Cette pitié qui force , et ces dignes foiblesses Dont la vigueur détruit les fureurs vengeresses. Voici la reine. Amour, nature, justes dieux.

Faites-la moi fléchir, ou tnburir à ses yeux. '

' Si Yoas n'êtes ingrat i ce cœur qai yoas aime ,

n'est pas français; on dit, ingrat envers quelqu'un, et non ingrat à quelqu'un,

J*ai déjà remarqué aiUeors qu'i>i^m/ viê-à-^ia de quelqu'un est une de ces mauvaises expressions qu'on a mises à la mode depuis quelque temps. Presque personne ne s'étudie à bien parler sa langue.

* Ne me revoye» point qu'avec le diadème , n'est pas français; il faut, ne me revoyez qu'avec.

^ Tout c^a ressemble à des stances de Boisrobert, où les vrais amans reviennent à toi:^t propos.

Pourquoi Rodrigue et Cbiméne parlent-ils si bien ^ et Antiochus et Rodogune si mal? c'est que l'amour de Ghimène est véritablement tragique , et que celui de Rodogune et d' Antiochus ne Test point da tout; c'est un amour froid dans un sujet terrible.

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