‹ Œuvres de P. Corneille (volume 2)Chapitre 212 sur 240 · ACTE IV, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE III

Nous jette la rigueur de Vos commandements.

L'aveu de cet amour sans doute vous offense : Mais enfin nos mialheurs croissent par le silence ]; Et votre cœur^ qu'aveugle un peu d'inimitié.

S'il ignore nos maux, n'eapeut prendre pitië. Au point où je les vois c'en est le seul remède«

GLEOPATRE.

Quelle aveugle fureur vous-même vous possède! Avez-vous oublié que vous parlez à moi ?

Ou si vous présumez être déjà mon roi?

ANTIOCHUS

Je taché avec respect à vous Êiire connaître

Les forces d*un amour que vous avez fait naître. *

CLÉOPATRE

Moi, faurois allumé cet insolent amour?

ANTIOCHUS

Et quel autre prétexte a fait notre retour? * Nous avez-vous mandés qu'afin qu'un droit d'aînesse Donnât à l'un de nous le trône et la princesse ? Vous avez bien fait plus, vous nous l'avez. fait voir; Et c'étoit par vos mains nous mettre en son pouvoir. Qui de nous deux , madame , eût osé s'en défendre , Quand vous nousordonniez à tous deux d'y prétendre?^

i On a déjà remarqué qn'on ne dit point les forces au plariel y •Jccepté quand on parle des/brcea dun étal.

• Uh prétexte qui fait un retour n'est pas français.

S n me semble qu'il n*est point du tout intéressant de savoir si Cléopâtre a fdit naître eUe-^méme l'amour des deux frères pour Rodogune; ce n'est pas là ce qui doit Tinquiéter; il doit trembler que Cléopâtre n'ait dé^i fait assassiner Rodogone par Sélencns f coinme

Si sa beauté dès lors n'eut allumé nos feux,

Le devoir auprès d'elle eut attaché nos vœux ; '

Le désir de régner eût iait la même chose ; *

Et , dans l'ordre des lois que la p^ix noua impose ,

Nous devions aspirer à sa posse§^oa

Par amour, par devoir > ou par ambitipn.

Nous avons donc ainn^, bou& avons cru vous plaire ;

Chacun de nous n'a craint que le bonheur d'un frère ;

Et cette^crainte en^ cédant a Vamitié,

J'implore pour tous deux un momeni de pitié.

Avons-nous dû prévoir cette haine cachée ,

Que la foi des traité^ n'avoîft point arrachée? '

CI^iePATAS. .

Non , mais vous avez dû garder la souvenir

Des hontes que pour vous j'avois su prévenir, * .

Et de l'indigne état ou votre Bodogune

Sans moi, sans mon courage, eût mi» voire fortune.

elle Ta déjà dit , ou. du moins qu'elle n'emploie le bras, de quelque autre : cette idée si natarelle ne se présente pas seulement à lui ; c'était la seuW-qui pût isspirer ée lia lerrenjr et de la pitié , et c'est la seule qui ne vienne pas di^s 1» féto d'^ptiocbus ; il's'asiase à dire inutilement que les defM( frèrç9 dev£^nt aimer. Ro^^'gcme;'!! veut le prouver en forme ; il parle de: l'ordre des ioia.

< Il dit que le devoir attacha leurs vœux auprès d'elle. Comment • un devoir attache-t-il des vœux? c^a,,^^^t pas français; . .

• Le désir de régner qui eût/hit la même chose , et les deu» princes qui devaient aspirer à la ppssesûo^ de iLodogi^ne d^ms Tordre des lois , et qui ont donc aimé ! Quel langage !

^ Ce verbe arraclier exige une prépositieti et un substantif- : on arrache la haine du cœur. .

4 lia hanl9 n'a point de pluriel , du moins dans lé style noble

Digiti^ed by VjOOQLC

Page 1