‹ Œuvres de P. Corneille (volume 2)Chapitre 213 sur 240 · ACTE IV, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE III

Je croyois que vos cœurs, sensibles à ces coups, En sauroient conserver un généreux coui^fous:; * Et je le retenpis ^veo ma douceur feinte, Afin que, grossissant sous un peu de contrainte, Ce torrent de colère et de ressentiment Fût plus impétueux en son débordement.

Je fais plus maintenant r. je^presse, sollicite , Je commande , menaoe , eè rien ne vous irrite. Le sceptre, dont ma main vous doit récompenser, N'a p9int de quoi: vous* fiûre uiu moment balancer; Vous opie <iou»déFeea ni lui , ni mon injure ; ' L'amour étoulfeien vous la voix de la uatt^re : Et je pourrois aimer des fils, dénaturé» I' > -

AN'T^lOCHÛS.

La nature et Farnour ont leurs droits séparés ;

L'un n'ôte point à Taùtre une âme qu'il possède. '

CLf OϻATR}E.

Non, non; où Tamour règne,, il faut que l'autre cède. ,

ANTl'O^HUS. , j

Leurs charmes à nos coçurs scxp,t é^l^mçpt (J.çij;j:..^:^j/

* Je croyais' g uh vos cœurs , sensibles à ces coups, se rapporte, par la.conUihiicâioo df la pbràâe f (lU courage de^CXéopê^tb', don^'if est parl(|^^^ yerf pi^^^ept,» e\ ,. pif îe. sçnji' difvJ* phi"t4e ,1 afok eo»^^ de Rodogune. Et commeivt r^tep^UtTelIe c^e courroux , quand elle dit qu'elle croyait que leurs cœ,urs çonserveraie^ un généreux Qourr roux? Pouvâit-^lfe irétenîr'ùli courroux dont ses deux fils -né lui donnaient aucuûe marque ? Au reste , je suis toujours étonné que Gléopâtre veuille tromper toujours gr'ôâs^èremëh't àe's princes ^qui la CQii^a.is$eoty et; qui doivent t%n^.j«|e A^er d'ellèi» ObsaBKTBSiiakiiHout qaerien |||e$t sii*c9id..qQ^, <;çSv^ça^ioq8 dans, des 4cé«^s,<mEilift'Hgit> d'un grand intérêt. .''ti- <r

368 RGDOGUNE.

Nous périrons tous deux, s'il faut périr pour yous;

Mais aussi.—

CLÉOPATRE. «

Poursuivez , fils ingrat et rebelle.

ANTIOCHUS

Nous périrons tous deux , s'il &ut périr pour elle.

CLÉOPÀTRE.

Périssez > périssez; votre rébellion.

Mérite plus d'horreur que de compassion.

Mes yeux sauront le voir sans verser une larme , Sans regarder en vous que l'objet qui vous charme ; Et je triompherai , voyant périr mes fils.

De ses adorateurs, et de mes ennemis.

ANTIOCHUS

Eh bien ! triomphez-en ; que rien ne vous retienne :

Votre main tremble-t-elle ? y voulez-vous la mienne? '

Madame, commandez, je suis prêt d'obéir;

Je percerai ce Cœur qui vous ose trahir :

Heureux si par ma mort je puis vous satisfaire ,

Et noyer dans mon sang toute votre colère !

Mais si la dureté de votre aversion

Nomme encor notre amour une rébellion ,

Du moins souvenez-vous qu'elle. n'a pris pour armes

Que de foibles soupirs et d'impuissantes larmes.' *

CLÉOPATRE

Àh I que n'a-t-elle pris et la flamme ejt le fer !

* Cet^ ne se n^porte à rieu.

' * S'il n'a en que d'impaûsantefl l&rmes , comment Cléopâtire a-t-elle pn lui dire, ^e//e aveugle fureur vous possèile ? comme dn l'a dé;l remarqué.

Page 1